La diversité linguistique mondiale traverse une zone de forte turbulence. Alors que plus de 7 000 langues sont encore parlées à travers le monde, près de 40 % d’entre elles sont aujourd’hui menacées de disparition, selon les estimations des spécialistes. Un constat alarmant : une langue s’éteint en moyenne toutes les deux semaines, fragilisant davantage les langues locales et minoritaires.
Cette tendance mondiale rappelle l’urgence de préserver les patrimoines linguistiques, au-delà des grandes langues dominantes. En Guinée et dans plusieurs régions d’Afrique de l’Ouest, cette préoccupation concerne particulièrement le pular, une langue porteuse d’une riche mémoire collective, de savoirs traditionnels et de valeurs culturelles profondément enracinées.
Face à ce défi, des initiatives de sauvegarde et de valorisation se multiplient, notamment à travers l’alphabet ADLaM, conçu pour permettre l’écriture et la diffusion du pular et les langues Africaines. Cet outil est aujourd’hui présenté comme un levier essentiel pour renforcer la transmission de la langue et lui assurer une place durable dans les systèmes éducatifs, la culture et les espaces numériques.
Au-delà de la simple communication, la préservation d’une langue est aussi celle d’une identité et d’une manière de percevoir le monde. Les défenseurs du pular appellent ainsi à une mobilisation continue pour encourager son usage à l’écrit comme à l’oral, et pour favoriser son intégration dans les outils modernes de communication.
Car, rappellent-ils, une langue ne survit que si elle vit au quotidien : lorsqu’elle est parlée, écrite et transmise aux générations futures.
Aysha Sow


































