Conakry. C’est un discours de méthode, de responsabilité et d’ambition institutionnelle que le président de l’Assemblée nationale, Dansa Kourouma, a prononcé à l’ouverture de la session extraordinaire du Parlement. Face aux députés, le chef du pouvoir législatif a appelé à bâtir une Assemblée nationale à la hauteur des défis de la Ve République, fondée sur la qualité du travail parlementaire, le respect des institutions et la confiance des citoyens.
Dès les premières minutes de son intervention, Dansa Kourouma a rappelé l’ampleur de la responsabilité qui incombe aux élus de la Nation. Selon lui, la confiance accordée à cette nouvelle législature est avant tout celle du peuple guinéen, qui a choisi ses représentants pour porter une partie de sa souveraineté.
« Cette confiance s’inscrit également dans une dynamique institutionnelle plus large, portée au plus haut niveau de l’État par la volonté de Monsieur le Président de la République, Son Excellence le Général Mamadi Doumbouya, de faire de nos institutions des instruments solides au service de la transformation de notre pays », a-t-il déclaré.
Mais pour le président de l’Assemblée nationale, cette confiance ne constitue pas un acquis. Elle doit être méritée par un engagement collectif et un sens élevé de l’intérêt général.
« La meilleure manière de mériter cette confiance n’est pas de chercher à démontrer que nous sommes individuellement les meilleurs. C’est de démontrer que nous sommes capables de faire fonctionner collectivement une institution à la hauteur de la République », a-t-il insisté devant les parlementaires.
Une Assemblée forte, moderne et crédible
Dans un discours ponctué d’appels à la responsabilité, Dansa Kourouma a dressé le portrait de l’institution qu’il souhaite voir émerger : une Assemblée nationale forte, intègre, moderne, responsable et véritablement utile aux citoyens.
Selon lui, les Guinéens attendent désormais de leurs représentants davantage de résultats que de déclarations. Ils veulent des députés capables d’écouter les préoccupations de la population, de contrôler efficacement l’action gouvernementale, de légiférer avec rigueur et de rendre compte de leur mandat.
« Le peuple attend de nous moins de posture et davantage de travail ; moins de bruit et davantage de résultats ; moins de personnalisation du débat et davantage de hauteur institutionnelle », a-t-il lancé.
Le président du Parlement a également tenu à rappeler que la performance d’une législature ne saurait être évaluée uniquement au nombre de lois adoptées. À ses yeux, c’est la qualité des textes, leur pertinence, la rigueur du contrôle parlementaire et la confiance qu’inspire l’institution qui constituent les véritables indicateurs de réussite.
« Une législature ne se juge pas seulement au nombre de textes adoptés. Elle se juge à la qualité du travail accompli, à la pertinence des lois votées, à la rigueur du contrôle exercé sur l’action publique et à la confiance que les citoyens accordent à leur Parlement », a-t-il affirmé.
Le défi de la professionnalisation du Parlement
Au-delà des principes, Dansa Kourouma a esquissé les grandes orientations qui devront guider l’action de la nouvelle Assemblée nationale. Il a plaidé pour une institution davantage professionnalisée, respectueuse des standards des grandes démocraties parlementaires.
Selon lui, cette législature dispose d’une opportunité historique de transformer durablement le fonctionnement du Parlement en instaurant des pratiques fondées sur l’éthique, le professionnalisme, la transparence et la proximité avec les citoyens.
Il a rappelé que la mission du président de l’Assemblée nationale dépasse largement la présidence des séances plénières. À ses yeux, cette fonction implique de garantir le respect du Règlement intérieur, de protéger les droits de tous les députés, d’assurer la continuité de l’institution et de veiller au bon fonctionnement des commissions parlementaires.
Le chef du Parlement a également insisté sur la nécessité d’améliorer la qualité de la production législative. Il a appelé à renforcer le travail en commission, à multiplier les consultations avec les acteurs concernés et à évaluer l’application des lois après leur adoption.
« Chaque projet ou proposition de loi doit faire l’objet d’un examen approfondi, d’auditions des parties prenantes, d’une analyse de ses impacts juridiques, économiques, sociaux, financiers et environnementaux. Une loi ne vaut pas seulement par son adoption ; elle vaut surtout par le changement positif qu’elle produit dans la vie de nos concitoyens », a-t-il souligné.
Le Parlement de la Ve République en construction
À travers cette première grande adresse aux députés, Dansa Kourouma a fixé une feuille de route ambitieuse pour la nouvelle Assemblée nationale. Son intervention a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la crédibilité du Parlement, de moderniser ses méthodes de travail et de rapprocher davantage l’institution des préoccupations quotidiennes des Guinéens.
En appelant les députés à privilégier le travail collectif, la qualité des lois et le contrôle rigoureux de l’action publique, le président de l’Assemblée nationale entend faire du Parlement un véritable pilier de la gouvernance démocratique sous la Ve République, au service de l’État et des citoyens.
Amadou Diallo






































