En visite officielle à Abidjan, le président Mamadi Doumbouya confirme une nouvelle fois sa volonté de placer la paix, la stabilité et la coopération au cœur de la stratégie guinéenne. Face aux défis sécuritaires qui fragilisent l’Afrique de l’Ouest, le chef de l’État propose à la Côte d’Ivoire un partenariat plus étroit, fondé sur le partage du renseignement, la lutte contre la criminalité transfrontalière et le terrorisme. Une démarche qui traduit une vision pragmatique et responsable de la diplomatie guinéenne.
Il y a des visites officielles qui relèvent du protocole et d’autres qui portent un véritable message politique. Le déplacement du président Mamadi Doumbouya à Abidjan appartient incontestablement à cette seconde catégorie.
Face à son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, le chef de l’État guinéen a choisi de parler vrai : dans une Afrique de l’Ouest confrontée à une multiplication des menaces, aucun pays ne peut prétendre assurer seul sa sécurité.
Cette approche témoigne d’une certaine maturité dans la conduite des affaires régionales. Mamadi Doumbouya ne réduit pas la coopération entre Conakry et Abidjan aux échanges économiques ou commerciaux. Il entend lui donner une dimension beaucoup plus stratégique, en faisant de la sécurité un préalable au développement.
Une diplomatie guinéenne qui privilégie le concret
Le président guinéen l’a clairement affirmé : les relations entre la Guinée et la Côte d’Ivoire sont fondées sur une volonté politique partagée de renforcer la coopération économique, commerciale, sécuritaire et dans le domaine de la formation.
Cette vision est à saluer. Car aujourd’hui, la diplomatie africaine ne peut plus se contenter de déclarations de principe. Elle doit produire des mécanismes concrets, des résultats et surtout des réponses communes aux menaces qui dépassent les frontières nationales.
C’est précisément dans cet esprit que Mamadi Doumbouya souhaite renforcer les mécanismes de concertation entre Conakry et Abidjan et inscrire les questions sécuritaires à l’ordre du jour de la prochaine commission mixte ivoiro-guinéenne.
Parmi les dossiers évoqués figure notamment la lutte contre l’orpaillage clandestin, un phénomène dont les conséquences économiques, environnementales et sécuritaires dépassent largement les frontières.
« Pas de développement sans paix ni stabilité »
Sur ce point, le message du président guinéen est sans ambiguïté. Pour lui, le développement ne peut être durable dans un environnement marqué par l’insécurité.
« Cher grand frère, comme vous, je suis convaincu qu’il n’y a pas de développement sans paix ni stabilité », a-t-il déclaré à Alassane Ouattara.
Cette conviction mérite d’être soulignée. Elle traduit une vision qui lie directement sécurité, stabilité politique et prospérité économique.
La Guinée, engagée dans d’importants projets de transformation et de développement, notamment autour de Simandou, a tout intérêt à évoluer dans un environnement régional stable. Le président Doumbouya semble l’avoir parfaitement compris : les richesses d’un pays ne peuvent produire pleinement leurs effets lorsque l’instabilité menace les populations, les investissements et les échanges.
Conakry et Abidjan appelés à regarder dans la même direction
La proposition guinéenne va plus loin qu’un simple rapprochement diplomatique. Mamadi Doumbouya se dit prêt à renforcer la coopération opérationnelle avec la Côte d’Ivoire, notamment dans l’échange de renseignements, la lutte contre la criminalité transfrontalière et le terrorisme.
Cette disponibilité traduit une volonté de faire de la Guinée un acteur pleinement engagé dans la recherche de solutions aux problèmes sécuritaires de la sous-région.
Dans un contexte ouest-africain en pleine recomposition, le choix du dialogue, de la concertation et de la coopération apparaît ainsi comme une voie de responsabilité.
À Abidjan, Mamadi Doumbouya donne donc une nouvelle tonalité à la diplomatie guinéenne : celle d’une Guinée qui ne veut pas seulement défendre ses intérêts, mais aussi participer activement à la construction d’un espace ouest-africain plus stable et plus sécurisé.
Le message du chef de l’État est finalement simple : la coopération ne doit plus être un slogan diplomatique, mais un outil au service de la paix, de la sécurité et du développement. Et sur ce terrain, la Guinée entend manifestement prendre toute sa part.
Sibé Fofana





































