À la tête du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla affiche une volonté claire : renforcer la rigueur, la transparence et la performance dans la gestion des établissements publics. À l’occasion de la Revue annuelle des établissements publics, tenue ce jeudi 10 septembre 2026, la ministre a livré une feuille de route fondée sur un principe simple : chaque franc public doit produire des résultats à la hauteur des ambitions de l’État.
Dans une salle attentive, le ton de la ministre est à la fois ferme et pédagogique. Mariama Ciré Sylla ne s’est pas contentée de dresser un état des lieux. Elle a surtout appelé à un changement de méthode dans la gestion des établissements publics, en mettant l’accent sur la responsabilité, l’anticipation et la culture du résultat.
Pour la ministre, la performance des établissements publics n’est plus une question secondaire. Elle constitue désormais un levier essentiel de l’efficacité de l’action publique, particulièrement dans le contexte des grandes ambitions portées par le programme de développement économique et social Simandou 2040.
« La performance de nos établissements publics participe directement à la crédibilité et à l’efficacité de l’action de l’État dans ce contexte. »
Un message qui résume la philosophie défendue par la patronne du département de l’Économie, des Finances et du Budget : faire mieux avec les ressources disponibles et inscrire la gestion publique dans une logique permanente de performance.
Une ministre qui veut changer les méthodes
Mariama Ciré Sylla entend également faire évoluer la manière dont l’État exerce sa tutelle sur les établissements publics. Pour elle, le contrôle ne doit plus intervenir uniquement lorsque les difficultés sont déjà installées.
La nouvelle approche qu’elle préconise repose davantage sur la connaissance du portefeuille public, l’anticipation des risques, la qualité de l’information financière et l’accompagnement des structures vers de meilleurs résultats.
« L’orientation que j’ai fixée est de nous diriger vers une tutelle financière davantage fondée sur la connaissance approfondie de notre portefeuille, l’anticipation des risques, la qualité de l’information, l’accompagnement de la performance », a-t-elle expliqué.
Cette vision traduit une volonté de moderniser la gouvernance publique et de donner aux mécanismes de suivi une dimension davantage préventive que simplement corrective.
Le contrôle, mais aussi l’accompagnement
Dans cette nouvelle dynamique, la Direction générale du patrimoine de l’État et des investissements privés est appelée à jouer un rôle central. Elle devra poursuivre le renforcement de ses capacités de suivi, d’analyse et d’alerte.
Mais Mariama Ciré Sylla insiste sur un point essentiel : la réforme de la gouvernance publique ne peut reposer sur un seul département ministériel.
Les ministères de tutelle technique doivent pleinement assumer leurs responsabilités. Les conseils d’administration, eux, sont appelés à exercer efficacement leurs missions d’orientation, de contrôle et de surveillance.
Autrement dit, la ministre veut renforcer toute la chaîne de responsabilité, du ministère de tutelle jusqu’aux dirigeants des établissements publics.
Des dirigeants désormais appelés à rendre davantage de comptes
Sur ce terrain, le message de Mariama Ciré Sylla est sans ambiguïté : les responsables des établissements publics doivent disposer d’objectifs clairement définis et être en mesure de rendre compte de leur gestion.
« Les dirigeants des établissements publics doivent disposer d’objectifs clairs et rendre compte de leur gestion. C’est toute la chaîne de responsabilité qu’il convient de consolider. »
Une exigence qui prend tout son sens lorsqu’il s’agit de gérer des ressources provenant du budget de l’État.
Pour la ministre, le statut d’établissement public implique des obligations particulières en matière de rigueur, de transparence et d’efficience.
L’objectif est donc de garantir le respect des règles de gouvernance, de disposer d’informations fiables pour éclairer la décision publique et de veiller à une utilisation optimale des moyens mis à la disposition des établissements.
13 200 agents et des ressources publiques à mieux valoriser
Derrière cette volonté de réforme se trouve également une réalité budgétaire. Les établissements publics administratifs bénéficient d’importantes subventions de l’État et regroupent, selon les chiffres avancés par la ministre, plus de 13 200 agents.
Un poids qui justifie, à ses yeux, une attention particulière portée à leur fonctionnement et à leurs performances.
« C’est pourquoi je souhaite que les recommandations issues de cette revue alimentent une feuille de route hiérarchisée et suivie dans le temps », a-t-elle indiqué.
L’ambition est de transformer les recommandations en actions concrètes. Certaines mesures pourront être mises en œuvre rapidement, tandis que d’autres nécessiteront des réformes plus profondes.
Mariama Ciré Sylla, une vision tournée vers les résultats
À travers cette intervention, Mariama Ciré Sylla confirme ainsi son ambition de faire de la rigueur budgétaire et de la bonne gouvernance des piliers de son action à la tête du ministère.
Sa démarche se veut à la fois exigeante et pragmatique : mieux connaître les établissements publics, mieux anticiper leurs difficultés, renforcer leur contrôle, mais surtout les accompagner vers davantage de performance.
Dans le cadre de Simandou 2040, qui appelle des institutions solides et efficaces, cette orientation prend une dimension particulière.
La ministre entend manifestement inscrire son action dans une nouvelle culture administrative : celle où les ressources publiques ne sont pas seulement consommées, mais gérées avec responsabilité, évaluées et transformées en résultats concrets au bénéfice de l’État et des citoyens.
Et son avertissement est clair : la Revue annuelle ne doit pas rester un simple exercice administratif. Elle doit déboucher sur des changements visibles, mesurables et durables.
Alpha A Diallo





































