La Coordination des Jeunes Cadres Volontaires pour le Futur (CJCVF) a officiellement lancé, jeudi 10 septembre à Conakry, la deuxième édition de sa campagne de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG). Placée sous le thème « Jusqu’à quand les femmes et les filles subiront-elles les discriminations et les injustices en silence ? », l’initiative entend mobiliser les communautés de plusieurs préfectures de la Haute-Guinée autour de la protection des droits des femmes et des filles.
Le lancement de cette deuxième édition s’est déroulé lors d’une conférence de presse organisée à la Maison commune des journalistes, sise à la Minière, dans la commune de Dixinn.
Pour le coordinateur de la CJCVF, M. Soumah, cette initiative constitue avant tout « un appel conscient » à la responsabilité et surtout à l’action face à la persistance des violences faites aux femmes et aux filles.
Il a notamment dénoncé les mariages précoces et forcés, les violences sexuelles et domestiques, les discriminations ainsi que toutes les autres formes d’injustice dont sont victimes les femmes et les filles.
« Lorsqu’une femme est violentée, c’est toute la communauté qui est interpellée. Lorsqu’une fille est privée de ses droits, c’est notre avenir collectif qui est fragilisé », a-t-il déclaré.
Du 15 septembre au 30 octobre, les équipes de la CJCVF sillonneront plusieurs localités de la Haute-Guinée, notamment Dinguiraye, Kankan, Siguiri et Mandiana, pour mener des activités de sensibilisation et de dialogue communautaire.
Selon M. Soumah, la stratégie retenue consiste à aller directement à la rencontre des populations à la base afin de favoriser le dialogue, l’écoute, la sensibilisation et l’orientation des victimes, notamment à travers des émissions radiophoniques.
« La CJCVF a choisi d’aller directement à la rencontre des communautés à la base pour dialoguer, écouter, sensibiliser et orienter à travers des émissions radiophoniques. Nous comptons rencontrer les autorités, les leaders communautaires, les femmes, les jeunes et les acteurs de la société civile », a-t-il expliqué.
Pour les organisateurs, la réussite de cette campagne passe nécessairement par une mobilisation collective. Les autorités administratives et judiciaires, les services de sécurité, les organisations de défense des droits humains, les médias, les leaders religieux et communautaires, les familles, les femmes, les hommes ainsi que les jeunes sont appelés à s’impliquer davantage dans la lutte contre les VBG.
Poursuivant son intervention, le coordinateur de la CJCVF a indiqué que l’ambition est de faire de ce dialogue communautaire « un espace de parole où la parole est libérée, où les préoccupations sont entendues et où les victimes peuvent être orientées vers les mécanismes appropriés ».
« Car une société qui protège ses femmes et ses filles protège son avenir », a-t-il ajouté, appelant à une véritable prise de conscience collective.
De son côté, la trésorière de la CJCVF, Mme M’Mabinty Diallo, a également plaidé pour une implication de tous afin de garantir une protection durable des droits des femmes et des filles, particulièrement dans les localités ciblées par le projet.
« La lutte contre les violences basées sur le genre est une responsabilité collective », a-t-elle rappelé.
Même tonalité chez Oumar M’Böh, membre de la CJCVF, qui a insisté sur la nécessité de renforcer la réponse judiciaire contre les auteurs de violences.
« Il faut donc sanctionner, punir les coupables. Ce qui se passe à Kankan peut se passer ailleurs. Certainement, la punition va réduire le phénomène », a-t-il martelé.
Présent à la conférence de presse, Younoussa Bah, secrétaire chargé des Projets et Programmes de la Convergence nationale des patriotes de Guinée (CONAPAG), a salué l’initiative de la CJCVF et remercié ses membres pour l’invitation.
Il a réaffirmé la disponibilité de son organisation à accompagner ce type d’actions en faveur de la protection des femmes et des filles.
« La femme est sacrée, nous devons la protéger », a-t-il exhorté, réitérant l’engagement de la CONAPAG à soutenir les initiatives allant dans ce sens.
À travers cette deuxième édition, la CJCVF entend ainsi rapprocher les acteurs de la lutte contre les violences basées sur le genre des communautés, tout en encourageant la dénonciation des abus, l’accompagnement des victimes et une meilleure implication des autorités et des populations.
Marliatou Sall






































