La lutte contre la surfacturation et les pratiques irrégulières dans la commande publique semble entrer dans une nouvelle phase en Guinée. Dans une publication remarquée sur sa page Facebook, la ministre de l’Économie et des Finances, Mariama Ciré Sylla, affiche sa détermination à renforcer la discipline budgétaire et à mettre un terme aux marchés de gré à gré injustifiés. Une sortie qui intervient dans un contexte marqué par la volonté du gouvernement de passer au crible les contrats conclus par les différents départements depuis 2021.
Le ton est ferme. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, la ministre de l’Économie et des Finances, Mariama Ciré Sylla, annonce ce qui ressemble à un tournant dans la gestion des ressources publiques.
« La corruption ne vole pas seulement l’argent à l’État, elle vole des écoles, des routes, des emplois et des années de développement », dénonce-t-elle, avant d’insister sur la nécessité d’une discipline budgétaire accrue pour garantir la stabilité économique du pays.
Cette prise de position intervient quelques jours après une instruction du Premier ministre Amadou Oury Bah demandant aux différents départements ministériels de transmettre les contrats passés depuis 2021. Une démarche qui pourrait permettre aux autorités d’avoir une vision plus précise des engagements contractuels de l’État et, surtout, d’identifier d’éventuelles irrégularités dans la passation et l’exécution des marchés publics.
Dans ce contexte, la sortie de la ministre apparaît comme un prolongement de cette volonté de contrôle. En charge des finances publiques et interlocutrice des partenaires techniques et financiers, notamment des institutions de Bretton Woods, Mariama Ciré Sylla entend placer la rigueur budgétaire au cœur de l’action gouvernementale.
« Le temps des pratiques qui appauvrissent l’État est révolu »
La ministre dénonce particulièrement la surfacturation et le recours injustifié aux marchés de gré à gré, qu’elle considère comme des pratiques susceptibles d’affaiblir les administrations et de détourner une partie des ressources destinées au développement.
« La Guinée est en train de faire un nouveau départ en mettant fin à la surfacturation de l’État, aux marchés de gré à gré injustifiés et aux circuits de fraude qui fragilisent nos administrations et détournent les ressources publiques », affirme-t-elle.
Pour la ministre, le message est désormais clair : chaque franc mobilisé par l’État doit être utilisé avec davantage de rigueur, de transparence et de responsabilité.
« Désormais, chaque franc public doit être géré avec rigueur et transparence. Le temps des pratiques qui appauvrissent l’État est révolu. C’est terminé », martèle Mariama Ciré Sylla.
Une bataille pour restaurer la confiance
Au-delà de la dénonciation, cette offensive traduit une volonté affichée de renforcer la gouvernance financière et de restaurer la confiance autour de la gestion des deniers publics.
La ministre estime que la discipline budgétaire ne constitue pas seulement une exigence comptable, mais une condition de la liberté économique future du pays. « La discipline budgétaire aujourd’hui fera notre liberté économique de demain », soutient-elle.
Reste désormais à savoir comment cette volonté politique se traduira concrètement dans le contrôle des contrats, la passation des marchés publics et les éventuelles sanctions en cas d’irrégularités.
Une chose est certaine : après la demande du Premier ministre de faire remonter les contrats conclus depuis 2021, la déclaration de Mariama Ciré Sylla donne un relief particulier à cette opération de contrôle. Le gouvernement semble vouloir ouvrir un nouveau chapitre dans la gestion de la commande publique, avec une promesse forte : mettre fin aux pratiques qui, selon les autorités, ont longtemps contribué à fragiliser les finances de l’État.
A. Amadou Diallo





































