Fort de plusieurs années d’expérience dans la gouvernance des organisations patronales de presse et de nombreuses participations à des rencontres internationales, le journaliste Thierno Amadou Camara franchit une nouvelle étape avec la création de la Fondation pour l’Éducation aux Médias et à l’Information (FEMI). Une initiative qui entend lutter contre la désinformation, renforcer la confiance du public envers les médias et promouvoir un journalisme plus professionnel en Guinée.
Après plusieurs années consacrées à la défense et à la structuration du secteur médiatique guinéen, Thierno Amadou Camara se lance dans une nouvelle aventure. L’ancien président du Réseau des Médias sur Internet en Guinée (REMIGUI) et vice-président de la Maison de la presse est désormais à la tête de la FEMI, une fondation conçue comme une plateforme de réflexion et d’action autour des médias et de l’information.
La FEMI ambitionne de s’attaquer à l’un des principaux défis auxquels le secteur médiatique est aujourd’hui confronté : la prolifération des fausses informations et leurs conséquences sur la société. La fondation entend ainsi contribuer à une meilleure compréhension du rôle du journaliste, tout en accompagnant les médias et les organisations professionnelles dans l’amélioration de la qualité de l’offre médiatique.
Une expérience au service de la presse
Fondateur des médias Guinee114.com et Ouest FM (104.3), Thierno Amadou Camara dispose d’une longue expérience dans le paysage médiatique guinéen. Son parcours l’a également conduit à prendre part à plusieurs rencontres et salons internationaux consacrés aux médias et à l’évolution du métier de journaliste, notamment en France, au Gabon, au Sénégal et en Ukraine.
Membre de la Commission de rédaction du Code de bonne conduite des journalistes et de la Commission de délivrance de la carte de presse, le journaliste, affectueusement appelé « M’Bonet », souhaite désormais mettre cette expérience au service d’une réflexion plus large sur l’avenir du journalisme en Guinée.
À travers la FEMI, il entend notamment favoriser le débat sur les pratiques professionnelles et contribuer à restaurer la confiance entre les médias, leur public et les différents acteurs de la vie publique.
Restaurer la confiance dans un contexte de désinformation
Pour Thierno Amadou Camara, l’urgence est désormais de mieux expliquer le rôle de la presse à un public confronté à une masse croissante d’informations, de rumeurs et de contenus non vérifiés.
« Le temps est venu pour que nous soyons mobilisés pour expliquer davantage le rôle de la presse à ce public de moins en moins tolérant et de plus en plus pris en otage dans une bulle de désinformation », estime-t-il.
Selon lui, l’absence de pédagogie sur le travail journalistique pourrait progressivement fragiliser les médias professionnels au profit de plateformes qui diffusent des contenus sans toujours se soucier de leur véracité ou de leurs conséquences.
Le fondateur de la FEMI plaide également pour une meilleure compréhension de la mission des médias. « Les médias n’ont pas pour vocation d’être des relais d’une opposition ou d’un parti au pouvoir », rappelle-t-il, appelant à mettre fin aux accusations qui tendent à présenter les journalistes comme étant systématiquement au service d’un camp politique.
Information, rumeur : apprendre à faire la différence
L’un des principaux objectifs de la FEMI sera également de contribuer à l’éducation aux médias. Dans un environnement où les réseaux sociaux occupent une place croissante dans la circulation de l’information, la capacité du public à distinguer une information vérifiée d’une simple rumeur devient, selon Thierno Amadou Camara, un enjeu majeur.
« Le débat est nécessaire pour emmener à faire la différence entre une information et une rumeur, savoir reconnaître un travail journalistique professionnel afin d’éviter au public de tomber dans des pièges tendus par ceux qui ont intérêt à voir la désinformation prendre le dessus », explique-t-il.
La fondation entend ainsi encourager davantage de professionnalisme dans le secteur, tout en défendant la liberté de la presse et les principes fondamentaux du journalisme.
Un pari face à l’essor des réseaux sociaux
Le lancement de la FEMI intervient dans un contexte particulièrement délicat pour les médias traditionnels. De plus en plus de citoyens se tournent vers les réseaux sociaux pour s’informer, bouleversant les habitudes de consommation de l’information et mettant les médias professionnels face à de nouveaux défis.
C’est dans cet environnement que Thierno Amadou Camara entend mener son nouveau combat : rapprocher les médias du public, renforcer l’éducation à l’information et contribuer à restaurer la crédibilité du journalisme.
Avec la FEMI, l’ambition est donc de faire de l’éducation aux médias un véritable outil de lutte contre la désinformation et, au-delà, de contribuer à redonner à la profession journalistique toute sa place dans le débat public guinéen.
Avec guineematin.com






































