Sept morts de plus. Sept familles plongées dans le deuil. Et, une fois encore, les mêmes scènes insoutenables sur la Route nationale n°1. Ce mardi 4 août 2026, à Labota, entre Kindia et Conakry, une violente collision entre un camion et un minibus de transport a coûté la vie à au moins sept personnes, tandis qu’une adolescente de 17 ans a été admise à l’hôpital régional Alpha Oumar Diallo de Kindia, où son état est jugé satisfaisant.
À chaque accident, le scénario est identique : les secours interviennent, les blessés sont évacués, les autorités présentent leurs condoléances et l’émotion envahit l’opinion publique. Puis, quelques jours plus tard, tout recommence. Un autre drame, une autre route ensanglantée, d’autres familles brisées.
Cette succession d’accidents pose une question fondamentale : avons-nous fini par banaliser la mort sur nos routes ?
Chaque jour ou presque, les routes guinéennes enregistrent de nouveaux accidents, souvent meurtriers. Pourtant, cette réalité ne semble ni pousser certains chauffeurs à revoir leur manière de conduire, ni conduire les autorités à prendre des mesures plus fermes pour prévenir ces tragédies.
L’excès de vitesse demeure l’une des principales causes des accidents. Sur plusieurs tronçons réputés dangereux, les véhicules continuent de circuler à vive allure, sans véritable contrainte. Il devient urgent d’identifier ces zones à risque et d’y imposer des limitations de vitesse clairement signalées par des plaques d’indication visibles, accompagnées de contrôles réguliers et de sanctions effectives contre les contrevenants.
La prévention ne peut plus rester un simple slogan. Elle doit devenir une priorité nationale. Cela passe également par une meilleure signalisation routière, l’installation de ralentisseurs dans les zones les plus accidentogènes lorsque cela est approprié, le renforcement des contrôles techniques des véhicules, ainsi que la formation continue des conducteurs professionnels.
La responsabilité est partagée. Les chauffeurs doivent comprendre que quelques minutes gagnées ne valent jamais une vie perdue. Les transporteurs doivent cesser de privilégier la rentabilité au détriment de la sécurité. Quant aux pouvoirs publics, ils ont le devoir d’aménager des routes plus sûres, de renforcer les dispositifs de prévention et de faire respecter le Code de la route avec davantage de rigueur.
Le drame de Labota ne doit pas être un fait divers de plus. Il doit être le signal d’un sursaut collectif. Car derrière chaque bilan macabre se cachent des vies fauchées, des familles détruites et un pays qui ne peut continuer à assister, impuissant, à cette hécatombe routière.
La véritable question n’est plus de savoir comment l’accident s’est produit. Elle est de savoir combien de vies devront encore être sacrifiées avant que chacun, chauffeurs comme autorités, assume pleinement ses responsabilités.
Alpha Amadou Diallo





































