Conakry – La Guinée veut tourner la page d’une gestion budgétaire centrée uniquement sur les chiffres pour ouvrir celle d’une administration orientée vers les résultats. C’est le message fort porté par la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, à l’occasion de l’ouverture de la retraite stratégique de la Direction générale du Budget.
Face aux cadres de l’administration financière, aux experts et aux partenaires techniques et financiers, la ministre a affiché une vision claire : faire de la dépense publique un véritable moteur de transformation économique et sociale.
Pour Mariama Ciré Sylla, l’heure n’est plus seulement à la mobilisation des ressources, mais à leur utilisation efficace au service des citoyens. Une nouvelle philosophie qu’elle veut inscrire au cœur de l’action publique.
« Notre véritable défi n’est pas seulement de mobiliser davantage de ressources. Notre défi est surtout de mieux les utiliser, de les exécuter plus rapidement et avec davantage de qualité, afin que chaque franc public produise le maximum d’impact », a-t-elle déclaré.
Une orientation qui traduit une volonté politique forte : passer d’une logique de consommation des crédits à une culture de performance. Désormais, l’efficacité de l’État ne devra plus être mesurée uniquement par les taux d’exécution budgétaire, mais par les résultats visibles dans la vie quotidienne des populations.
« Notre ambition ne peut plus être uniquement de consommer les crédits. Elle doit être de produire des résultats tangibles pour les citoyens », a insisté la ministre.
Le budget comme outil de transformation nationale
Dans sa vision, chaque dépense publique doit avoir une traduction concrète sur le terrain. Une école construite, un centre de santé équipé, une route achevée, un village raccordé à l’eau potable, une entreprise accompagnée ou encore des emplois créés : tels sont, selon elle, les véritables indicateurs de réussite d’une politique budgétaire.
Cette approche place la qualité de la dépense publique au centre des priorités gouvernementales. L’objectif affiché est de garantir que les ressources de l’État répondent aux besoins réels des citoyens et contribuent durablement au développement du pays.
S’adressant particulièrement aux Directeurs des affaires financières (DAF), Mariama Ciré Sylla les a invités à changer de perception de leur rôle.
« Vous êtes bien plus que des gestionnaires administratifs. Vous êtes les chefs d’orchestre de l’exécution budgétaire au sein de vos ministères. Vous êtes le lien entre les décisions du Gouvernement et les réalisations concrètes sur le terrain », a-t-elle rappelé.
Combattre les lenteurs pour accélérer le développement
La ministre n’a pas manqué de pointer les conséquences des retards administratifs dans la chaîne de la dépense publique. Pour elle, chaque blocage représente un frein direct au développement.
« Chaque dossier retardé représente une école, un centre de santé ou une route qui attend. Chaque paiement différé fragilise une entreprise », a-t-elle averti.
Un message qui sonne comme un appel à la responsabilité collective de tous les acteurs impliqués dans la gestion financière de l’État.
Simandou 2040, une opportunité qui exige une administration performante
Dans son intervention, Mariama Ciré Sylla a également replacé cette réforme dans la perspective des grands défis économiques qui attendent la Guinée. Avec l’entrée en production du projet Simandou et la mise en œuvre de la Vision Simandou 2040, le pays dispose, selon elle, d’une opportunité historique pour accélérer son développement.
Mais cette ambition nécessite une administration financière à la hauteur des enjeux.
« Notre pays vit un moment décisif de son histoire. Avec l’entrée en production de Simandou et la mise en œuvre de la Vision Simandou 2040, la Guinée dispose d’une opportunité historique d’accélérer sa transformation économique et sociale », a-t-elle affirmé.
Pour accompagner cette nouvelle étape, la ministre appelle à une profonde modernisation des méthodes de travail : digitalisation des procédures, amélioration de la programmation budgétaire, professionnalisation des fonctions financières, transparence et renforcement de la culture de performance.
Le changement comme obligation nationale
Mariama Ciré Sylla veut faire de la réforme budgétaire un pilier de la nouvelle gouvernance économique guinéenne. Une transformation qui, selon elle, ne peut plus attendre.
« Le statu quo n’est plus une option. Nous devons repenser nos procédures, renforcer notre collaboration, accélérer la digitalisation et améliorer le suivi des investissements publics », a-t-elle lancé.
À travers cette sortie, la ministre affiche une ambition : bâtir une administration financière capable de transformer les ressources nationales en résultats visibles pour les populations.
Car, au-delà des budgets votés et des milliards mobilisés, le véritable jugement des citoyens se fera sur les réalisations concrètes. Comme elle l’a rappelé avec force : « Nos populations nous jugeront non pas sur nos intentions, mais sur les résultats que nous produirons. »
Algassimou L Diallo




































