Conakry – La presse guinéenne a été mise à l’honneur par la Haute autorité de la communication (HAC). Lors d’une cérémonie de remise de satisfecit aux journalistes et techniciens ayant participé à la couverture des dernières échéances électorales, le président de l’institution, Aboubacar Yacine Diallo, a salué l’engagement et le professionnalisme des médias, tout en révélant que certains journalistes avaient résisté à des tentatives de manipulation et de corruption.
Devant les professionnels des médias, le patron de la HAC a dressé un bilan positif de la couverture médiatique du référendum, de l’élection présidentielle ainsi que des scrutins législatifs et communaux. Selon lui, la presse a joué un rôle essentiel dans le maintien d’un climat apaisé durant tout le processus électoral.
« Le président de la République a fait un choix clair : organiser des élections crédibles, libres et transparentes. Il a laissé les institutions agir librement », a déclaré Aboubacar Yacine Diallo, affirmant n’avoir reçu aucune instruction particulière de la part du chef de l’État, mais uniquement des félicitations pour le travail accompli par les journalistes.
Pour le président de la HAC, cette reconnaissance revient directement aux acteurs des médias. « Vous avez été un acteur majeur. Si la presse avait mal fait son travail, il y aurait eu des violences partout », a-t-il estimé.
Des journalistes auraient refusé de l’argent pour influencer l’information
Dans son intervention, Aboubacar Yacine Diallo a également fait des révélations sur des pratiques d’influence qui auraient marqué la période électorale. Il affirme que plusieurs journalistes ont été approchés par des acteurs politiques, mais ont refusé de céder aux pressions.
« Je connais des journalistes qui ont renoncé à l’argent que des leaders leur avaient donné pour semer le chaos. Ils ont refusé cet argent-là », a-t-il déclaré, ajoutant que certains professionnels avaient également résisté à des tentatives de corruption pendant la campagne électorale.
Le président de la HAC a rapporté le témoignage d’un responsable politique qui lui aurait confié avoir été surpris par l’attitude d’un journaliste refusant de diffuser immédiatement des informations fournies, notamment des résultats électoraux destinés à influencer l’opinion publique.
Selon lui, cette attitude traduit une évolution dans le comportement professionnel des journalistes guinéens.
« Vous cherchez désormais l’information, pas le transport »
Aboubacar Yacine Diallo a estimé que la presse nationale aurait franchi une nouvelle étape dans sa professionnalisation. Il a salué des journalistes davantage attachés à leur indépendance et à leur responsabilité.
« Vous ne cherchez plus le transport, vous cherchez l’information. Vous ne recherchez plus le sensationnel parce que vous avez été payés. Vous avez mis à l’avant-scène votre propre responsabilité », a-t-il déclaré.
Pour le président de la HAC, cette transformation est le résultat d’un processus d’assainissement du secteur des médias, qui aurait permis de renforcer l’éthique et la crédibilité de la profession.
La HAC attribue une part du mérite au chef de l’État
Revenant sur le déroulement global des élections, Aboubacar Yacine Diallo a attribué le mérite principal au président de la République, le général Mamadi Doumbouya, qui, selon lui, aurait donné les orientations nécessaires pour garantir la transparence du processus.
« Le premier mérite revient au chef de l’État qui a voulu et qui a tenu. La directive était claire et chacun de nous est resté indépendant », a-t-il affirmé.
À travers cette cérémonie de reconnaissance, la HAC entend encourager une presse davantage professionnelle, indépendante et consciente de son rôle dans la consolidation de la démocratie et de la stabilité nationale.
N. Nabé





































