Conakry – La nuit du drame restera gravée dans les mémoires des habitants de Demoudoula, dans la commune de Ratoma. Aux environs de 3 heures du matin, un immeuble R+9 en chantier s’est brutalement effondré, provoquant la panique dans ce quartier densément peuplé de la capitale guinéenne.
Sur place, le bilan provisoire communiqué par le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire fait état de trois morts, dont une femme, ainsi que plusieurs personnes évacuées des décombres. Le bâtiment effondré a entraîné dans sa chute un autre immeuble de deux niveaux et une villa située à proximité, causant d’importants dégâts matériels.
Face à la gravité de la situation, le ministre Mohamed Lamine Sy Savané s’est rendu sur les lieux pour constater l’ampleur du sinistre et superviser les opérations de secours.
« Un immeuble de neuf niveaux s’est écroulé sur un autre bâtiment ainsi que sur une villa voisine. Les dégâts sont considérables et nous avons malheureusement enregistré des pertes en vies humaines », a expliqué le ministre, précisant que les équipes de secours restent mobilisées pour rechercher d’éventuelles victimes encore sous les gravats.
Sur le terrain, les services techniques du ministère de l’Habitat, accompagnés des forces de défense et de sécurité, poursuivent les opérations de fouille. Des engins lourds sont déployés pour dégager les décombres et sécuriser la zone.
Pour le ministre, chaque vie perdue constitue une tragédie nationale. « Une seule personne décédée, c’est déjà une de trop pour notre pays », a-t-il déclaré, tout en appelant à la prudence face aux risques liés aux constructions non conformes et aux fortes précipitations qui frappent actuellement Conakry.
Un chantier sans autorisation au cœur des interrogations
Au-delà du drame humain, les premières révélations du département de l’Habitat soulèvent de sérieuses questions sur les conditions de réalisation de cet ouvrage.
Mohamed Lamine Sy Savané a affirmé que l’immeuble à l’origine de l’effondrement n’avait pas reçu les autorisations techniques requises.
« Cet immeuble n’avait pas été autorisé conformément à la réglementation en vigueur », a révélé le ministre, annonçant l’ouverture d’investigations pour déterminer les responsabilités et comprendre les circonstances exactes du drame.
Selon lui, les contrôles seront renforcés dans les treize communes de Conakry afin d’identifier les constructions présentant des risques pour les populations. Les opérations ont déjà commencé dans certaines zones, notamment à Kaloum, Dixinn et Matam, avant d’être étendues aux autres communes.
Le gouvernement appelle à la vigilance
Alors que les recherches se poursuivent, le ministre de l’Habitat a lancé un appel à la responsabilité collective. Il a invité les citoyens vivant dans des zones à risques à prendre des mesures préventives, notamment en cette période de fortes pluies.
Au nom du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, Mohamed Lamine Sy Savané a présenté ses condoléances aux familles des victimes et souhaité un prompt rétablissement aux blessés pris en charge au Centre hospitalier sino-guinéen.
Ce nouveau drame relance une fois encore le débat sur l’urbanisation accélérée de Conakry, le respect des normes de construction et la nécessité d’un contrôle plus strict des grands chantiers dans la capitale.
Car derrière l’effondrement d’un bâtiment, c’est toute la question de la sécurité urbaine et de la responsabilité des acteurs de la construction qui revient au premier plan.
Moussa Aziz Camara





































