À Conakry, la libération des emprises de routes avance à coups de bulldozers… et de mises en garde. Dans la commune de Matoto, les opérations de déguerpissement ne se limitent plus au terrain : elles s’étendent désormais au discours, avec des avertissements fermes adressés aux présidents des Conseils de quartier.
Réunis autour des autorités communales, chefs de quartiers, administrateurs de marchés et acteurs sociaux ont été sommés de prendre la mesure de l’enjeu. Le message est clair : aucun retour en arrière ne sera toléré. « Les points déguerpis restent tels qu’ils sont », a martelé le président de la délégation spéciale de Matoto, Moussa Diallo, insistant sur le caractère collectif de l’opération. Une action, selon lui, menée non contre des individus, mais au nom de l’intérêt général.
Dans ce bras de fer entre nécessité d’ordre urbain et réalités sociales, les autorités assurent néanmoins chercher des solutions. Le recasement des femmes déguerpies, souvent premières victimes économiques de ces opérations, est brandi comme une priorité. Reste à savoir si ces promesses suivront le rythme effréné des déguerpissements.
Le secrétaire général de la commune a, pour sa part, rappelé le rôle stratégique des chefs de quartier, désignés comme relais de l’administration dans la gestion des marchés. Un rappel qui sonne aussi comme un avertissement : ces représentants locaux devront désormais agir strictement dans le cadre des règles établies, sous peine de sanctions implicites.
À Matoto, l’assainissement urbain semble entrer dans une nouvelle phase, plus autoritaire, où la discipline administrative s’impose face aux arrangements informels longtemps tolérés. Une transition nécessaire pour certains, brutale pour d’autres. Mais une question demeure : l’ordre urbain peut-il s’imposer durablement sans dialogue social réel et sans alternatives concrètes pour les populations impactées ?
Abdoul Choalis Diallo






































