CONAKRY – Alors que les coupures de courant continuent d’alimenter la colère des populations à Conakry et dans plusieurs localités du pays, le Premier ministre Bah Oury annonce une riposte musclée pour tenter de sortir le secteur énergétique guinéen de l’impasse.
Interrogé ce jeudi lors d’une grande interview accordée à un pool de journalistes, dont un reporter de Africaguinee.com, le chef du gouvernement a dressé un constat sévère de la situation actuelle, qu’il attribue à des années de dysfonctionnements structurels et de projets inachevés.
« La question de l’électricité est le sujet le plus préoccupant et qui sollicite la mobilisation de l’ensemble des équipes du gouvernement », a déclaré Bah Oury, avant de reconnaître que les difficultés accumulées ne peuvent être réglées instantanément.
Le Premier ministre estime que plusieurs projets énergétiques qui auraient dû être opérationnels depuis longtemps ont accusé des retards importants, aggravant ainsi les problèmes d’approvisionnement auxquels les ménages et les entreprises sont confrontés aujourd’hui.
Face à cette crise persistante, le chef du gouvernement promet des décisions fortes. Dans un ton particulièrement ferme, il a évoqué la nécessité d’une véritable « thérapie de choc » pour redresser un système énergétique jugé profondément défaillant.
« Nous allons prendre toutes les mesures nécessaires pour que cette situation soit définitivement corrigée, avec courage et avec une détermination sans faille », a-t-il martelé, utilisant une métaphore forte pour illustrer l’urgence des réformes : « Lorsque la plaie est gangrénée, on coupe sinon tout le corps risque d’être contaminé. »
Au-delà des délestages, Bah Oury pointe également le poids financier du secteur énergétique sur les finances publiques. Selon lui, le modèle actuel de gestion repose sur une structure qui n’a jamais été conçue pour assurer sa rentabilité ni offrir un service durable aux consommateurs.
Le Premier ministre plaide désormais pour une transformation en profondeur du système afin de rendre le secteur plus performant et économiquement viable.
« Nous sommes devant une situation où l’État continue de supporter le fonctionnement d’une structure énergétique qui n’a pas été pensée pour être rentable, ni pour satisfaire correctement les usagers », a-t-il expliqué.
Selon lui, le gouvernement finalise actuellement une série de mesures destinées à restructurer le secteur énergétique. Des réformes qui, promet-il, devraient être annoncées dans les prochains jours.
Cette sortie du chef du gouvernement intervient dans un contexte de fortes tensions liées aux coupures d’électricité, devenues quasi quotidiennes dans plusieurs quartiers de la capitale. Entre colère des usagers, ralentissement des activités économiques et difficultés pour les petites entreprises, la crise énergétique demeure l’un des principaux défis auxquels les autorités de transition sont confrontées.
Saliou Keita


































