À l’approche des élections législatives du 31 mai 2026, certains candidats misent sur les slogans, d’autres sur les promesses. Dansa Kourouma, lui, choisit de s’appuyer sur ce qu’il considère comme sa plus grande force : le bilan.
En marge du lancement de sa campagne électorale à Hafia Minière, l’ancien président du Conseil national de la transition (CNT) et candidat sur la liste nationale de l’UMP a livré un plaidoyer assumé en faveur de l’expérience politique et institutionnelle. Une prise de parole qui sonne comme la défense d’un héritage politique construit durant les années de transition.
Face aux critiques visant la candidature de plusieurs anciens conseillers nationaux, Dansa Kourouma n’a pas cherché à esquiver le débat. Bien au contraire. Avec assurance, il a invité l’opinion publique à juger les anciens membres du CNT à l’aune de leurs réalisations concrètes plutôt qu’à travers des procès d’intention.
« Il y a cent choses que le CNT a accomplies qu’aucun parlement de Guinée n’a accomplies », a-t-il affirmé devant la presse, revendiquant sans détour les résultats obtenus sous sa présidence.
Parmi les symboles mis en avant, figure le nouveau siège de l’Assemblée nationale, présenté comme l’une des réalisations majeures de la transition. Pour Dansa Kourouma, cet édifice dépasse le simple cadre d’une infrastructure administrative : il incarne la volonté de doter la Guinée d’institutions modernes à la hauteur de ses ambitions.
« Depuis 1958, nous sommes indépendants, mais c’est en quatre ans que le siège de l’Assemblée nationale est sorti de terre », a-t-il rappelé avec fierté, évoquant un complexe doté d’un hémicycle moderne, de centaines de bureaux administratifs et d’infrastructures répondant aux standards internationaux.
À travers ce discours, l’ancien président du CNT défend une vision de la politique fondée sur la compétence, l’efficacité et l’expérience. Pour lui, la future Assemblée nationale ne peut être un espace d’improvisation ou d’apprentissage politique.
« Les pays les plus stables au monde sont confiés à des personnes expérimentées et non à des stagiaires », a-t-il soutenu, estimant que les défis institutionnels et législatifs exigent des responsables immédiatement opérationnels.
Cette posture traduit la stratégie politique de Dansa Kourouma : transformer l’expérience acquise au sein du CNT en capital politique pour la future législature. En assumant la continuité entre la transition et la nouvelle Assemblée nationale, il cherche à convaincre que les acquis institutionnels engrangés ces dernières années doivent être consolidés plutôt qu’interrompus.
Au-delà de la défense des anciens conseillers nationaux, cette sortie révèle aussi l’ambition d’un homme qui entend inscrire son nom dans l’histoire politique récente de la Guinée comme celui d’un bâtisseur institutionnel. Dans un paysage politique souvent marqué par les querelles partisanes et les promesses sans lendemain, Dansa Kourouma tente d’imposer un autre récit : celui d’un dirigeant qui revendique des réalisations tangibles et une vision structurée de la gouvernance.
À quelques jours des législatives, le pari de l’ancien président du CNT est désormais clair : convaincre les électeurs que l’expérience accumulée pendant la transition constitue aujourd’hui un atout majeur pour construire une Assemblée nationale forte, crédible et capable d’accompagner les ambitions de la Guinée nouvelle.
Alpha Amadou Diallo

































