La pluie est tombée sur Mambia ce dimanche matin. Avec elle, une nouvelle tragédie est venue allonger la liste déjà trop longue des victimes de la route en Guinée. Deux personnes ont perdu la vie et plusieurs autres ont été blessées dans une collision survenue à l’entrée de cette localité de la préfecture de Kindia.
Le drame implique une Toyota Corolla et un véhicule de type Verso en provenance de Kindia. Selon les premières informations, l’accident s’est produit alors que de fortes précipitations s’abattaient sur la zone, réduisant la visibilité et compliquant les conditions de circulation. Les secours ont rapidement évacué les victimes vers l’hôpital régional Alpha Oumar Diallo de Kindia, où les blessés ont été pris en charge et les corps des personnes décédées déposés pour les constats d’usage.
Comme souvent après un accident de cette ampleur, une enquête devrait être ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de la collision. Mais au-delà des responsabilités individuelles qui seront éventuellement établies, cette tragédie soulève une question plus profonde : combien de morts faudra-t-il encore pour que la sécurité routière devienne une véritable priorité nationale ?
Chaque saison des pluies semble reproduire le même scénario. Les chaussées deviennent glissantes, la visibilité diminue, les véhicules roulent parfois à des vitesses inadaptées aux conditions météorologiques, tandis que l’état de certaines routes et le manque de signalisation aggravent les risques. À cela s’ajoutent souvent des véhicules mal entretenus et un non-respect récurrent des règles élémentaires de prudence.
À Mambia, ce dimanche, deux familles sont brutalement plongées dans le deuil. Plusieurs autres vivent désormais l’angoisse de voir un proche lutter contre ses blessures. Derrière les chiffres froids d’un bilan provisoire se cachent des vies brisées, des projets interrompus et des familles marquées à jamais.
Le plus inquiétant est que ces drames finissent parfois par être considérés comme une fatalité. Pourtant, ils ne le sont pas. Les accidents de la circulation résultent rarement d’une seule cause. Ils sont souvent la conséquence d’un ensemble de défaillances humaines, techniques et institutionnelles qui auraient pu être corrigées.
La tragédie de Mambia doit donc être plus qu’un fait divers. Elle doit servir de rappel. Un rappel que la prudence sur la route n’est pas une option, surtout sous la pluie. Un rappel également que la sécurité routière exige des investissements constants, des contrôles rigoureux et une sensibilisation permanente des usagers.
Car lorsque la pluie cesse et que les épaves sont évacuées, il reste toujours les mêmes questions : pourquoi ces vies ont-elles été perdues ? Et surtout, qu’a-t-on réellement fait pour éviter que le prochain drame ne survienne ?
Amadou Diallo




































