Le président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, poursuit sa politique de transformation du secteur minier. Par un décret signé le mercredi 8 juillet 2026 et rendu public à la Radio Télévision Guinéenne (RTG), le chef de l’État a instauré l’obligation de raffiner sur le territoire national tout l’or produit en Guinée avant son exportation.
Cette mesure, présentée comme une réforme majeure de la filière aurifère, met fin à l’exportation de l’or brut et ambitionne de maximiser les retombées économiques de cette ressource stratégique en créant davantage de valeur ajoutée au niveau national.
Désormais, aucune cargaison d’or ne pourra quitter le territoire sans avoir été préalablement traitée dans une raffinerie agréée par l’État. Les exportations devront être constituées exclusivement de lingots d’or raffinés, certifiés et, si nécessaire, numérotés. Chaque expédition devra être accompagnée d’un certificat d’analyse, d’un certificat d’origine ainsi que d’une autorisation d’exportation délivrée par les autorités compétentes.
Le décret précise également les critères permettant de distinguer l’or brut de l’or raffiné. L’or brut englobe les minerais, concentrés, dorés ou alliages dont le degré de pureté est inférieur à 95,5 %. À l’inverse, l’or raffiné est un métal traité dans une raffinerie agréée en Guinée, présentant une pureté comprise entre 95 % et 99,99 %.
Une traçabilité renforcée
La réforme définit les acteurs habilités à intervenir dans la chaîne d’exportation. Les sociétés minières industrielles et semi-industrielles, les exploitants artisanaux agréés ainsi que les comptoirs d’achat autorisés demeurent les principaux opérateurs du secteur.
Plusieurs institutions publiques seront chargées de veiller au respect des nouvelles dispositions. Il s’agit notamment de l’Office guinéen d’expertise de l’or, du diamant et autres matières précieuses (OGE), de la Direction générale des Douanes, de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), du Laboratoire national de la géologie et de la Brigade anti-fraude des matières précieuses.
À travers cette réforme, le gouvernement entend améliorer la traçabilité de l’or, sécuriser les recettes issues de son exportation, garantir le rapatriement des devises et renforcer la conformité de la filière avec les standards internationaux.
Des conditions strictes pour exporter
Le décret réserve désormais l’exportation de l’or raffiné aux sociétés minières industrielles et semi-industrielles, aux comptoirs d’achat et d’exportation agréés ainsi qu’à la Banque centrale, dans le cadre de ses missions.
Toute demande d’exportation devra être accompagnée d’un dossier complet comprenant notamment un certificat d’origine, un certificat d’analyse délivré par la raffinerie, une attestation de conformité de l’OGE, la facture commerciale, le contrat de vente ou d’achat, la déclaration en douane, une preuve de domiciliation bancaire, un engagement de rapatriement des devises ainsi que l’autorisation d’exportation signée par le ministre en charge des Mines.
Une plateforme numérique pour suivre chaque gramme d’or
Parmi les principales innovations du décret figure la création d’une plateforme nationale de traçabilité de l’or, placée sous la supervision du ministère des Mines et de la Géologie. Cet outil permettra d’identifier les producteurs, de suivre les volumes de production, de contrôler les mouvements d’or brut et de délivrer les certificats d’origine.
Le texte impose également le respect des principes de diligence responsable en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme, la protection de l’environnement et la traçabilité des produits miniers.
Enfin, le gouvernement rappelle qu’aucune activité liée à l’achat, à la collecte, au transport, au traitement, au raffinage ou à l’exportation de l’or ne pourra être exercée sans les agréments et autorisations prévus par la réglementation.
Avec cette décision, les autorités guinéennes affichent clairement leur volonté de faire de l’or un véritable levier de développement économique. En privilégiant le raffinage local plutôt que l’exportation de matières premières, le gouvernement entend accroître les recettes fiscales, créer des emplois qualifiés, renforcer le contrôle de la chaîne de valeur et consolider la souveraineté économique du pays sur l’une de ses principales ressources minières.
Algassimou L Diallo




































