Une nouvelle tragédie vient rappeler le prix exorbitant de l’immigration clandestine. Au large de l’île de Bardaa, à l’ouest de Tobrouk, en Libye, une embarcation transportant une soixantaine de migrants aurait fait naufrage. À son bord se trouvaient des femmes, des enfants et de nombreux jeunes en quête d’un avenir meilleur. Selon les gardes-côtes libyens, seuls dix survivants ont pu être secourus, tandis qu’une cinquantaine de personnes restent portées disparues. Derrière ces chiffres se cachent autant de familles brisées, de rêves engloutis et d’espoirs qui n’atteindront jamais l’autre rive.
Cette catastrophe est loin d’être un cas isolé. Chaque année, la Méditerranée engloutit des milliers de vies. Pourtant, malgré les drames qui se succèdent, des jeunes continuent de croire que l’Europe est accessible au prix d’une traversée clandestine. Beaucoup vendent les biens familiaux, s’endettent ou confient leurs économies à des passeurs sans scrupules, ignorant que leur destination la plus probable pourrait être le fond de la mer.
À la jeunesse guinéenne, un message s’impose : ne cédez pas aux illusions de l’immigration irrégulière. Les images de réussite publiées sur les réseaux sociaux ne racontent qu’une infime partie de la réalité. Elles cachent les violences subies dans les camps de transit, les extorsions, les tortures, les détentions arbitraires, les humiliations et, trop souvent, la mort.
Quitter son pays pour chercher une vie meilleure est un droit légitime. Mais emprunter les routes de la clandestinité, en remettant son destin entre les mains de trafiquants d’êtres humains, revient à jouer sa vie à la loterie. Aucun rêve, aussi noble soit-il, ne mérite d’être payé au prix de son existence.
La Guinée traverse des défis économiques et sociaux, personne ne peut le nier. Le chômage des jeunes, le manque d’opportunités et les difficultés du quotidien poussent certains à envisager le départ comme unique solution. Pourtant, la réponse ne réside pas dans les embarcations de fortune. Elle passe par la formation, l’entrepreneuriat, l’agriculture, les métiers techniques, l’innovation et la création d’activités capables de transformer les difficultés en opportunités.
Les familles ont également un rôle essentiel à jouer. Elles doivent décourager ces départs risqués plutôt que de les financer dans l’espoir d’un hypothétique succès. Quant aux autorités, elles doivent poursuivre leurs efforts pour créer davantage d’emplois, renforcer la formation professionnelle et offrir à la jeunesse des perspectives concrètes afin que l’exil ne soit plus perçu comme l’unique horizon.
Pendant que les équipes de secours poursuivent les recherches au large des côtes libyennes, des dizaines de familles attendent, dans l’angoisse, des nouvelles de leurs proches. Pour beaucoup, l’attente se transformera malheureusement en deuil.
Que cette nouvelle tragédie serve de leçon. À tous les jeunes Guinéens tentés par cette aventure périlleuse, retenez ceci : la Méditerranée ne conduit pas toujours à l’Europe ; elle conduit trop souvent à une tombe sans nom. Préservez votre vie. Aucun rêve ne vaut le sacrifice de votre existence.
Qu’Allah, Subhanahu wa Ta’ala, protège tous ceux qui sont en détresse, accorde Sa miséricorde aux victimes de ce drame et éclaire la jeunesse afin qu’elle choisisse toujours le chemin de la prudence, de la dignité et de l’espérance.
Amadou Diallo






































