La Haute autorité de la communication (HAC) hausse le ton contre France 24. Réunie en session ordinaire ce mercredi 16 septembre 2026, l’institution de régulation des médias a mis en demeure la chaîne internationale française, lui reprochant l’utilisation, dans une édition diffusée la veille, d’un qualificatif jugé inapproprié à l’endroit du chef de l’État guinéen, Mamadi Doumbouya.
Le dossier France 24 s’est invité dans les travaux de la HAC. Au terme de l’examen d’un rapport d’écoute et de monitoring établi par ses services, l’autorité estime que la chaîne a franchi une ligne qu’elle considère comme contraire aux règles professionnelles encadrant le traitement de l’information en Guinée.
Les faits remontent au mardi 15 septembre 2026, lors d’une édition d’information de France 24. Selon la décision de la HAC, un qualificatif employé pour désigner le président Mamadi Doumbouya a été considéré comme inapproprié par le régulateur.
La HAC dénonce un manquement professionnel
Dans sa décision, l’autorité reproche à France 24 d’avoir utilisé ce terme alors qu’elle aurait, selon elle, dû tenir compte du contexte institutionnel guinéen.
La HAC considère notamment que la chaîne a « sciemment choisi d’ignorer la légitimité issue des urnes » en employant ce qualificatif à l’égard du président de la République.
Pour le régulateur, ce choix éditorial constitue un manquement aux principes d’exactitude, d’impartialité et d’équilibre dans le traitement de l’information.
L’institution va plus loin en estimant que les faits constituent également, selon les termes de sa décision, « une atteinte flagrante à l’honneur des institutions républicaines et à la dignité du Chef de l’État guinéen ».
Des rectifications exigées sur les plateformes numériques
La mise en demeure ne s’arrête pas à un simple rappel à l’ordre.
Dans l’article 1 de sa décision, la HAC ordonne à France 24 de cesser sans délai l’utilisation des termes qu’elle juge « inappropriés, dégradants et attentatoires à la dignité des institutions guinéennes ».
L’autorité demande également à la direction de la chaîne de procéder aux « rectifications éditoriales nécessaires sur l’ensemble de ses canaux numériques ».
Cette demande intervient dans un contexte où les médias internationaux diffusant des contenus sur la Guinée font l’objet d’une attention particulière de la part du régulateur national.
La HAC brandit la menace de sanctions
L’autorité de régulation rappelle enfin que cette mise en demeure constitue un avertissement formel.
En cas de non-respect de ses injonctions ou de récidive, la HAC indique qu’elle pourrait engager une nouvelle procédure et prononcer les sanctions prévues par la législation guinéenne à l’encontre du média concerné.
« La Haute autorité de la communication se réserve le droit de prononcer des sanctions prévues par la loi à l’encontre du média contrevenant », précise la décision.
Pour l’heure, la balle est donc dans le camp de France 24, appelée par le régulateur guinéen à rectifier les contenus concernés et à veiller au respect des règles d’éthique et de déontologie journalistiques applicables en Guinée.
Sibé Fofana





































