La Guinée a célébré, en différé, la Journée internationale des droits des femmes dans une ambiance de mobilisation et de reconnaissance. Le stade Petit Sory de Nongo, à Conakry, a servi de cadre à cette cérémonie officielle, marquée par la présence du chef de l’État, Mamadi Doumbouya, et de nombreuses femmes venues de différents horizons.
Au cœur de cette célébration, la ministre de la Promotion féminine, de la Famille et des Personnes vulnérables, Pauline Adeline Patricia Lamah, a livré un discours à la fois lucide et engagé sur la condition des femmes en Guinée.
Des obstacles encore nombreux
Face à un public attentif, la ministre n’a pas éludé les difficultés auxquelles les femmes restent confrontées. Elle a notamment évoqué les obstacles à l’accès à la justice : coûts élevés des procédures, éloignement des services, manque d’information et pressions sociales.
« Dans ces conditions, l’égalité devant la loi reste un objectif qui demande des efforts constants », a-t-elle souligné, mettant en lumière un écart persistant entre les textes juridiques et leur application concrète.
Des avancées à consolider
Malgré ces défis, des progrès notables ont été enregistrés ces dernières années. La ministre a rappelé l’existence de plusieurs dispositifs en faveur des droits des femmes : politique nationale genre, stratégie de lutte contre les violences basées sur le genre, guichets uniques de prise en charge, ou encore les actions de l’OPROGEM.
L’instauration d’un quota de 30 % de femmes dans les instances de décision constitue également, selon elle, une avancée significative. Mais là encore, elle insiste : « entre les textes et les réalités, il existe encore des écarts ».
Justice et autonomisation au cœur des priorités
Pour Pauline Adeline Patricia Lamah, l’accès à la justice ne se limite pas à la présence de tribunaux. Il implique aussi la capacité pour chaque femme d’être écoutée, accompagnée et protégée.
Dans cette dynamique, elle a annoncé la poursuite des efforts visant à rendre la justice plus accessible, à améliorer la prise en charge des victimes et à renforcer la présence des femmes dans le système judiciaire.
L’autonomisation économique figure également parmi les priorités. « Une femme sans autonomie économique reste plus vulnérable », a-t-elle insisté, appelant à renforcer la participation des femmes dans l’économie et les instances de décision.
Encourager une nouvelle génération
La ministre a également lancé un message fort en direction des jeunes filles, les invitant à croire en leurs capacités : « Il faut leur dire : vous pouvez ».
Un appel à briser les barrières psychologiques et sociales qui freinent encore l’émancipation féminine dans plusieurs régions du pays.
Un hommage appuyé aux femmes guinéennes
La cérémonie s’est achevée sur une note de reconnaissance. Pauline Adeline Patricia Lamah a salué « le courage et la bravoure » des femmes guinéennes, qu’elle décrit comme une force essentielle pour le développement du pays.
Dans un contexte où les défis restent nombreux, cette célébration aura surtout été l’occasion de rappeler une évidence : les droits des femmes progressent, mais le combat est loin d’être terminé.
Marliatou Sall


































