Le gouvernement guinéen veut accroître les recettes intérieures pour financer davantage son développement. Face à Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, le Premier ministre Bah Oury a affiché son ambition de porter le taux de pression fiscale à 15 % du produit intérieur brut (PIB), voire au-delà, à l’horizon 2030. Une ambition qui passe par une profonde réforme de l’administration fiscale et une meilleure mobilisation des ressources nationales.
La Guinée veut se donner les moyens de financer ses propres priorités. Pour le Premier ministre Bah Oury, la mobilisation des ressources intérieures constitue un levier essentiel de la souveraineté économique. L’objectif affiché est clair : atteindre un taux de pression fiscale de 15 % du PIB d’ici 2030, avec la possibilité de dépasser ce seuil.
« Nous sommes très ambitieux. C’est pour cela que l’objectif d’ici 2030, c’est d’avoir un taux de pression fiscale qui doit atteindre 15 %, si ce n’est au-delà », a déclaré le chef du gouvernement, qui entend engager une transformation en profondeur de l’administration fiscale.
Pour atteindre cette cible, l’exécutif mise notamment sur l’amélioration du recouvrement des impôts, la formalisation progressive de l’économie informelle et une meilleure organisation de la collecte des recettes administratives.
Bah Oury reconnaît toutefois que ces changements nécessiteront du temps. Il estime néanmoins que le pays dispose des moyens nécessaires pour accélérer les réformes, malgré les ajustements attendus jusqu’à la fin de l’année 2026 et au début de 2027.
Le Premier ministre entend également s’inspirer de l’expérience d’autres pays comparables, dont le taux moyen de pression fiscale atteint 16 % ou davantage. Il cite notamment le Bénin, dont certaines pratiques pourraient servir de modèle à la Guinée pour faciliter la formalisation des activités économiques.
Au-delà des chiffres, Bah Oury défend une conception concrète de la souveraineté nationale : la capacité de l’État à mobiliser ses propres ressources pour financer ses politiques publiques. Il souhaite ainsi renforcer la connaissance des contribuables et encourager chaque citoyen à prendre conscience de sa contribution au financement des besoins collectifs.
Les recettes administratives figurent également parmi les priorités du gouvernement. Selon le Premier ministre, elles ne représentent actuellement que 0,6 % du PIB, un niveau qu’il juge faible au regard du potentiel existant. Pour améliorer leur rendement, il préconise une meilleure organisation de leur collecte et une orientation plus efficace des fonds vers les caisses publiques.
En parallèle, l’exécutif veut généraliser le budget-programme dans l’ensemble des administrations d’ici à la fin de 2026 ou au début de 2027. Cette réforme doit permettre de mieux relier les dépenses publiques aux objectifs et aux résultats attendus.
Conscient des difficultés possibles au démarrage, Bah Oury plaide pour une mise en œuvre effective plutôt que pour un report des changements. Pour le gouvernement, l’enjeu est désormais de traduire ces ambitions en réformes concrètes, capables d’accroître durablement les recettes publiques et de renforcer l’autonomie financière de la Guinée.
Saliou Keita




































