Ce lundi 12 octobre 2026, le président Mamadi Doumbouya a pris part au voyage inaugural du train de voyageurs du TransGuinéen, entre Morebaya et Kindia. Le passage dans un tunnel ferroviaire à double voie d’environ 12 kilomètres a marqué ce déplacement. Pour le chef de l’État, cet ouvrage symbolise les ambitions portées par Simandou 2040 : valoriser les richesses du pays, créer des emplois et donner davantage de place aux compétences guinéennes.
Il y a des infrastructures qui se résument à des kilomètres de rails et de béton. D’autres portent des ambitions bien plus larges. Le tunnel ferroviaire traversé ce lundi 12 octobre par le train inaugural du TransGuinéen s’inscrit dans cette seconde catégorie, du moins aux yeux des autorités guinéennes.
À bord du train reliant Morebaya à Kindia, le président Mamadi Doumbouya était accompagné de membres du Comité stratégique de Simandou et de hauts responsables de l’administration. Au fil du trajet, l’attention s’est particulièrement portée sur un ouvrage imposant : un tunnel à double voie d’environ 12 kilomètres, situé dans la zone de Kindia.
À l’issue du voyage, le chef de l’État n’a pas caché sa satisfaction. Dans un message publié sur sa page Facebook, il a présenté cette réalisation comme un moment important pour le pays. « En ce 12 octobre 2026, la République de Guinée a écrit l’une des plus belles pages de son histoire », a-t-il déclaré.
Selon lui, le tunnel a été conçu, construit et mis en service en moins de trois ans. Une performance qu’il a attribuée au travail des ingénieurs, des techniciens et des ouvriers mobilisés sur le chantier. « Ce tunnel est le leur. Il est le nôtre », a-t-il insisté.
Derrière cette déclaration, une idée revient avec insistance : celle d’une Guinée capable de réaliser ses grands projets et de tirer davantage profit de ses ressources.
Plus de 650 kilomètres de rails, et des attentes considérables
Le tunnel de Kindia n’est qu’un maillon du vaste corridor ferroviaire du TransGuinéen. Celui-ci s’étend sur plus de 650 kilomètres à double voie, soit plus de 1 300 kilomètres de rails.
Cette infrastructure doit accompagner le développement du projet minier de Simandou, l’un des grands chantiers économiques du pays. Mais, pour les autorités, l’enjeu dépasse largement le transport du minerai de fer.
Dans son message, Mamadi Doumbouya a rappelé que les ressources minières guinéennes ont longtemps nourri les espoirs sans toujours produire les retombées attendues par les populations. « Pendant des décennies, nos richesses sont restées enfouies sous nos pieds, objet de promesses sans lendemain. Ce temps est révolu », a-t-il affirmé.
Le président entend ainsi défendre une nouvelle approche : faire de la Guinée un acteur de ses choix économiques et de la gestion de ses richesses. Une ambition qui devra toutefois se traduire concrètement sur le terrain, notamment par des emplois, des investissements et de meilleures perspectives pour les communautés concernées.
Car, au-delà de la prouesse technique, une question demeure essentielle pour de nombreux Guinéens : qu’est-ce que Simandou changera réellement dans leur quotidien ?
« Notre fer servira d’abord les Guinéens »
C’est précisément sur ce terrain que le chef de l’État a voulu placer son discours. Pour lui, le projet ne doit pas se limiter à extraire le minerai et à l’acheminer vers les marchés internationaux. Il doit aussi permettre au pays de développer ses compétences, de renforcer ses entreprises et de créer davantage de valeur sur place.
« Notre fer servira d’abord les Guinéens », a-t-il déclaré.
Cette promesse résume l’un des principaux enjeux de Simandou : faire en sorte que les retombées du projet profitent aussi à l’économie nationale. Cela passe notamment par la formation des travailleurs guinéens, le transfert de technologies, l’accès des entreprises locales aux marchés liés au projet et, à terme, une plus grande transformation des ressources minières sur le territoire national.
Le président voit dans le TransGuinéen un outil stratégique pour atteindre ces objectifs. « Simandou n’est pas seulement un projet minier. C’est l’affirmation de notre souveraineté économique et un levier de transformation nationale », a-t-il soutenu.
À terme, le corridor ferroviaire pourrait également contribuer à renforcer la place de la Guinée dans les échanges régionaux. Mamadi Doumbouya ambitionne d’en faire un pôle logistique majeur pour la sous-région, puis pour le continent africain.
Une perspective prometteuse, dont la concrétisation dépendra notamment de la mise en service effective des infrastructures, de leur exploitation durable et de la capacité du pays à développer autour d’elles de nouvelles activités économiques.
Les jeunes et les femmes, au-delà des discours
Dans cette transformation annoncée, les infrastructures ne suffiront pas à elles seules. Encore faut-il disposer de femmes et d’hommes formés pour les faire fonctionner, les entretenir et participer à la création de richesses.
Le président a ainsi mis l’accent sur la place des jeunes et des femmes dans le programme Simandou 2040, en évoquant notamment l’initiative Simandou Academy.
« Aucune infrastructure ne vaut sans les femmes et les hommes qui la font vivre », a-t-il rappelé.
Cette déclaration souligne un défi majeur : permettre aux Guinéens d’acquérir les qualifications nécessaires pour occuper les emplois générés par le projet et participer pleinement à son développement. Pour les jeunes en quête d’insertion professionnelle, les promesses de formation et d’embauche constituent l’une des attentes les plus concrètes autour de Simandou.
La réussite du programme se mesurera donc aussi à sa capacité à transformer ces ambitions en possibilités réelles, accessibles au-delà des grands chantiers.
Un train en marche, des promesses à concrétiser
Avant de conclure son message, Mamadi Doumbouya a appelé ses compatriotes à croire au potentiel économique et stratégique de leur pays. Il a également réaffirmé que l’ordre et la discipline resteraient, selon lui, les piliers de la mise en œuvre du programme Simandou 2040.
« Le train de l’avenir est en marche. Rien ne l’arrêtera. Ensemble, faisons de Simandou 2040 la fierté de toute une nation souveraine », a-t-il lancé.
Le voyage inaugural du TransGuinéen marque une étape dans la concrétisation de ce vaste projet. Mais si le tunnel de Kindia impressionne par ses dimensions et les ambitions qu’il incarne, le véritable test se jouera dans les années à venir.
Au-delà des rails, des tunnels et des discours officiels, les Guinéens attendent des résultats tangibles : des emplois durables, des compétences renforcées, des entreprises nationales mieux positionnées et des retombées économiques perceptibles dans leur quotidien.
C’est à cette capacité de transformer une infrastructure en progrès concret pour la population que se mesurera, finalement, la portée de Simandou 2040.
Algassimou L Diallo





































