En Guinée, la grogne monte chez les contractuels temporaires de l’administration publique. Plusieurs agents, affirmant avoir servi durant de longues années dans différents départements ministériels, dénoncent des conditions salariales qu’ils jugent précaires malgré leur prise en charge par le FUGAS et leur bancarisation effective.
Selon des représentants des contractuels, le récent processus de recrutement dans la fonction publique n’aurait pas suffisamment pris en compte leur situation spécifique. Si certains agents ont pu déposer leurs matricules et soumettre leurs candidatures, beaucoup estiment toutefois ne pas avoir bénéficié d’un traitement équitable lors des sélections.
« Nous avons servi l’administration pendant des années, souvent dans des conditions difficiles, mais aujourd’hui encore, plusieurs d’entre nous restent dans l’incertitude », confie un représentant des concernés.
Malgré ces frustrations, les contractuels reconnaissent certaines avancées enregistrées ces derniers mois. Environ 300 agents dont les salaires étaient jusque-là bloqués auraient été finalement régularisés. Parallèlement, les autorités auraient engagé une vaste opération de toilettage du fichier des effectifs de l’administration publique afin d’identifier les agents fictifs et d’assainir la situation administrative des contractuels.
Une initiative saluée par plusieurs travailleurs, qui y voient un signe d’écoute de la part du ministère de la Fonction publique.
Mais sur le terrain, les inquiétudes persistent. Plusieurs dossiers resteraient encore bloqués, tandis que l’avenir professionnel de nombreux contractuels demeure flou à l’approche de la fin de certains contrats.
Face à cette situation, les représentants des travailleurs disent désormais attendre une implication plus poussée du gouvernement et du président de la République pour mettre fin à ce qu’ils qualifient de « galère nationale ».
Avec des rémunérations estimées autour de 2 500 000 francs guinéens par mois, ces agents affirment éprouver d’énormes difficultés à subvenir aux besoins de leurs familles dans un contexte marqué par la cherté de la vie.
Malgré tout, beaucoup assurent continuer à servir l’État « avec courage et espoir », dans l’attente d’une solution durable. Selon plusieurs sources proches du dossier, plus de 1 000 contractuels temporaires seraient actuellement concernés par cette situation à travers le pays.
Fatimatou Diallo




































