Le barrage hydroélectrique d’Amaria avance, et les chiffres annoncés cette semaine traduisent une réalité encourageante. En effectuant une visite de terrain sur ce chantier stratégique, le ministre de l’Énergie, Laye Sékou Camara, n’est pas venu uniquement constater l’évolution des travaux. Il est venu rappeler que derrière les statistiques se joue une partie essentielle de l’avenir énergétique de la Guinée.
Selon les responsables du projet, le taux global d’exécution a désormais atteint 61 %, un niveau qui témoigne d’une progression soutenue. Les ouvrages en béton sont réalisés à plus de 93 %, tandis que l’installation des équipements hydromécaniques, électromécaniques et électriques dépasse les 62 %. Les lignes de transport de 225 kV, les infrastructures routières et les opérations de réinstallation des populations poursuivent également leur évolution, même si elles nécessitent encore une accélération.
Ces résultats sont loin d’être anodins. Pendant des décennies, le paradoxe énergétique guinéen a souvent été dénoncé : un pays doté d’un immense potentiel hydroélectrique, mais confronté à des délestages récurrents et à une offre énergétique insuffisante pour accompagner son développement économique. Chaque mégawatt supplémentaire produit constitue donc un pas vers une plus grande souveraineté énergétique.
Avec une capacité annoncée de 300 MW, Amaria s’inscrit parmi les infrastructures appelées à transformer durablement le paysage électrique national. Au-delà de l’amélioration de l’alimentation des ménages, ce projet représente un levier majeur pour l’industrialisation, la compétitivité des entreprises et l’attractivité des investissements. Une énergie plus stable est souvent le point de départ d’une croissance plus solide.
La satisfaction exprimée par le ministre à l’issue de sa visite traduit une volonté de maintenir la dynamique observée sur le chantier. En saluant le travail de l’entreprise TBEA et des différentes équipes mobilisées, les autorités entendent aussi rappeler que les grands projets d’infrastructures exigent un suivi permanent afin d’éviter les retards, les surcoûts ou les compromis sur la qualité.
Mais l’enjeu dépasse largement la réussite technique du barrage. Les travaux de réinstallation des Personnes Affectées par le Projet (PAP), encore réalisés à moins de la moitié, rappellent qu’un développement durable ne peut être mesuré uniquement à l’aune des ouvrages construits. Il doit également intégrer la protection des droits des populations concernées et le respect des engagements sociaux pris par les promoteurs du projet.
Le barrage d’Amaria symbolise ainsi les ambitions de la politique énergétique nationale portée par les autorités. Si les délais sont respectés et les standards techniques maintenus jusqu’à l’achèvement des travaux, cette infrastructure pourrait devenir l’un des piliers de la transformation économique du pays.
Au final, l’avancement satisfaisant du chantier est une bonne nouvelle. Mais c’est sa livraison dans les délais, son exploitation efficace et sa capacité à fournir une électricité fiable aux Guinéens qui constitueront le véritable critère de réussite. Dans le domaine de l’énergie, les promesses ne s’évaluent pas à la hauteur des grues, mais à la lumière qui s’allume durablement dans les foyers et les entreprises.
Sibé Fofana






































