Le drame s’est noué dans le silence de la nuit, là où l’on vient chercher des soins, pas la mort. À l’hôpital régional de Mamou, un patient a été sauvagement assassiné dans sa chambre, déclenchant stupeur, colère et interrogations.
Selon les premières informations recueillies auprès des proches, le crime s’est produit dans la nuit de mardi à mercredi. « C’est dans la nuit que le jeune homme a rendu l’âme. Nous n’avons été informés que le mercredi matin », confie un membre de la famille, encore sous le choc. D’après les autorités sanitaires, l’agresseur se serait introduit frauduleusement dans la chambre alors que la victime était seule. Il l’aurait poignardée à six reprises, visant des zones vitales, notamment la poitrine et l’abdomen, avant de prendre la fuite.
La victime, Mamadou Keinda Doumbouya, n’a pas survécu à ses blessures. Hospitalisé pour des soins, il a trouvé la mort dans un lieu censé garantir sa sécurité. Derrière lui, une famille brisée : une veuve et quatre enfants désormais livrés à eux-mêmes.
Dans les couloirs de l’hôpital, l’émotion est palpable. Mais au-delà de l’indignation, c’est la question de la sécurité qui s’impose avec acuité. Comment un individu a-t-il pu pénétrer dans une chambre d’hôpital et commettre un tel acte sans être inquiété ?
Pour Thierno Amadou Barry, proche de la victime, les responsabilités sont claires. Il pointe du doigt les failles du dispositif de surveillance. « Mourir à l’hôpital d’autre chose que de la maladie que l’on est venu soigner est une tragédie inacceptable », dénonce-t-il, appelant à un renforcement immédiat des mesures de sécurité. « Si un tel crime a pu se produire, c’est que le système a failli. »
Sur place, les langues se délient à demi-mot. Certains évoquent un manque de contrôle aux entrées, d’autres une insuffisance de personnel de garde, notamment la nuit. Autant de pistes qui pourraient éclairer les circonstances de ce drame.
Une enquête judiciaire a été ouverte pour identifier et interpeller l’auteur de ce meurtre. En attendant, le corps de la victime a été transféré à la morgue de l’hôpital pour autopsie.
À Mamou, ce crime laisse une cicatrice profonde. Et une certitude : dans un pays où les structures sanitaires peinent déjà à rassurer, la question de la sécurité des patients ne peut plus être reléguée au second plan.
Saliou Keita




































