Le débat sur l’équité de la justice refait surface en Guinée. Face aux critiques persistantes sur la lenteur de certaines procédures et la célérité d’autres dossiers très médiatisés, Maître Alpha Amadou DS Bah est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de traitement judiciaire à « deux vitesses ».
Interrogé sur les différences de rythme observées dans le traitement des affaires pénales, l’avocat pointe notamment l’influence des réseaux sociaux et le statut des personnes mises en cause comme facteurs déterminants dans l’évolution de certains dossiers.
Selon lui, les affaires impliquant des personnalités publiques ou fortement relayées par l’opinion connaissent souvent une accélération notable, tandis que d’autres, concernant des citoyens ordinaires, stagnent parfois dans les juridictions pendant de longues périodes.
« Les réseaux sociaux ont une influence différente sur le traitement des dossiers. Heureusement, quand ça concerne tel type d’individu, il y a un facteur d’accélération et pour d’autres citoyens lambda, les dossiers sont dans les tiroirs », a-t-il déclaré, tout en rappelant le principe d’indépendance des magistrats dans leurs décisions.
Pour Maître Alpha Amadou DS Bah, ces disparités ne relèvent pas uniquement d’une volonté individuelle des juges, mais s’expliquent aussi par plusieurs paramètres juridiques et procéduraux. Il cite notamment la personnalité du prévenu, les réquisitions du parquet ainsi que l’appréciation souveraine du juge dans le prononcé des peines.
L’avocat rappelle également que la sanction pénale ne vise pas uniquement l’incarcération, mais s’inscrit dans une logique de réinsertion sociale du condamné.
« L’idée, c’est que les peines sont appliquées pour resocialiser le délinquant. Ce n’est pas forcément qu’il reste en prison », a-t-il expliqué.
Toutefois, le membre du barreau insiste sur la nécessité de respecter strictement les limites prévues par la loi. Selon lui, lorsque les textes fixent une fourchette de peine, le juge dispose d’une marge d’appréciation, mais ne peut en aucun cas descendre en dessous du minimum légal.
Évoquant les affaires de viol sur mineur, Maître Alpha Amadou DS Bah appelle à une application rigoureuse des dispositions pénales, rappelant que certaines infractions imposent des peines planchers incompressibles.
Il souligne par ailleurs le rôle du parquet dans le contrôle du fonctionnement judiciaire, notamment à travers les voies de recours comme l’appel, en cas de décisions jugées irrégulières ou contestables.
En conclusion, l’avocat estime que la célérité judiciaire varie parfois selon la sensibilité des dossiers et l’influence des personnes impliquées, une réalité qu’il dit observer aussi bien en Guinée qu’à l’international, citant certains exemples de figures politiques étrangères pour illustrer son propos.
Amadou Diallo



































