Encore une nuit de feu et de désolation dans le cœur battant du commerce guinéen. Le grand marché de Madina, véritable poumon économique de Conakry, a une nouvelle fois été la proie des flammes dans la nuit du 6 au 7 août 2025. Dix-huit boutiques réduites en cendres, des vies bouleversées, des économies envolées… Et avec elles, l’éternel sentiment d’impuissance face à un drame qui se répète.
En se rendant sur les lieux, ce jeudi après-midi, la ministre du Commerce, Fatima Camara, a voulu porter un message de compassion et de solidarité. Entourée des autorités communales de Matam et des représentants de la Chambre de Commerce, elle a tenu à rappeler l’importance stratégique de Madina dans l’écosystème économique du pays. Mais au-delà des mots de réconfort, ce sont des réponses concrètes que les commerçants attendent. Car derrière les étals brûlés se cachent des vies entières reconstruites à la sueur du front.
Des bols, des nattes de prière, de l’argent liquide… autant de symboles d’un labeur quotidien réduit en poussière. Le plus révoltant ? C’est que ce n’est ni la première, ni sans doute la dernière fois qu’un tel drame survient. À chaque incendie, la même mécanique : consternation officielle, élan de solidarité, puis l’oubli. Jusqu’au prochain brasier.
La ministre a certes appelé à la prudence et promis de renforcer les dispositifs de sécurité. Mais dans un pays où l’urbanisation anarchique et l’absence de normes minimales dans les infrastructures marchandes font office de règle, cet appel résonne comme un vœu pieux.
Ce sinistre doit marquer un tournant. Il est temps d’arrêter de panser les plaies avec des discours. Il faut réformer, équiper, former et surtout prévenir. La sécurisation des marchés n’est pas un luxe : c’est une urgence nationale. Parce qu’un marché qui brûle, c’est une nation qui s’appauvrit.
Alpha Amadou Diallo




































