À Conakry, la scène se répète chaque matin : des files interminables devant les agences bancaires, des clients impatients, parfois à bout de nerfs. Depuis plusieurs mois, la pénurie de liquidités frappe de plein fouet les banques primaires. Les guichets sont contraints de plafonner les retraits, touchant aussi bien les petits commerçants que les simples détenteurs de comptes.
« C’est un sentiment de déception, de violation et de condamnation ferme », fulmine Alpha Oumar, changeur de devises au marché de Madina. Comme beaucoup, il dit ne plus avoir confiance dans les institutions bancaires.
Dans un pays où le taux de bancarisation reste faible, cette crise de billets étouffe un peu plus l’économie déjà fragilisée. Les dépôts s’amenuisent, les échanges ralentissent, et les commerçants voient leur trésorerie fondre.
Face à la grogne, Alpha Oumar lance un appel pressant : « Nous interpellons le gouvernement, la Banque centrale et le président de la Transition pour qu’ils agissent vite. Le consommateur ne peut plus attendre. »
Fatimatou Diallo




































