Face aux accusations d’irrégularités lancées par plusieurs formations politiques, la Direction Générale des Élections (DGE) est sortie du silence. Ce vendredi après-midi, sa directrice générale, Djenab Touré, a convoqué la presse au siège de l’institution pour démonter point par point les griefs formulés notamment par le FRONDEG d’Abdoulaye Héro Baldé et le Bloc Libéral de Lansana Faya Millimono.
Entourée de son adjoint et du conseiller juridique de la DGE, la patronne des élections a voulu rassurer l’opinion nationale et internationale sur la régularité du processus de réception et de validation des candidatures pour les législatives et les communales couplées. Pour elle, les contestations actuelles ne traduisent pas une défaillance de l’administration électorale, mais plutôt le non-respect des règles par certains partis eux-mêmes.
Le Bloc Libéral dans le viseur
Prenant le cas du Bloc Libéral comme exemple, Djenab Touré a exhibé une correspondance datée du 8 avril. Selon ses explications, les dépôts de candidatures avaient été officiellement clôturés le 3 à minuit, tandis que la caution exigée devait être versée au plus tard le 9.
Or, affirme-t-elle, aucune caution n’avait été réglée dans les délais requis. Conséquence : le rejet automatique de la liste.
« Sans caution, la liste est d’office rejetée », a-t-elle insisté, appelant l’opinion à distinguer les véritables responsabilités dans ce contentieux.
Faya Millimono déclaré sans mandat
Au-delà de la question procédurale, la Directrice Générale des Élections a ouvert un autre front : celui de la représentativité du Bloc Libéral. Selon elle, Lansana Faya Millimono ne serait plus fondé à parler au nom du parti après la tenue d’un congrès ayant consacré une nouvelle direction.
Djenab Touré soutient que la présidence du BL reviendrait désormais à Oumar Sanoh, documents à l’appui. Elle affirme détenir le procès-verbal confirmant ce changement de leadership.
Une bataille politique déplacée sur le terrain juridique
Cette sortie musclée de la DGE illustre le climat tendu qui entoure déjà les futures échéances électorales. Entre contestation politique et rappel strict des textes, la bataille semble désormais se jouer autant dans les états-majors des partis que dans l’interprétation du Code électoral.
À quelques mois du scrutin, une certitude s’impose : la course électorale a déjà commencé, et elle s’annonce rude.
Amadou Diallo


































