En politique, certains messages passent inaperçus. D’autres révèlent une ligne de conduite. À l’occasion du 1er mai, Amadou Oury Bah a choisi la sobriété plutôt que l’emphase, la reconnaissance plutôt que les slogans. Dans une adresse publiée sur les réseaux sociaux, le chef du gouvernement a rendu hommage à celles et ceux qui portent chaque jour l’économie guinéenne à bout de bras : les travailleurs.
Dès les premiers mots, le ton est donné. Hommage aux travailleuses et aux travailleurs de Guinée. Une formule simple, mais politiquement significative. Dans un pays confronté à d’immenses défis sociaux, rappeler la place centrale du monde du travail revient à reconnaître que la richesse nationale ne se décrète pas dans les bureaux, mais se construit dans les ateliers, les marchés, les champs, les écoles, les hôpitaux et les administrations.
Le Premier ministre insiste ensuite sur trois vertus cardinales : l’engagement, la rigueur et la persévérance. Trois qualités sans lesquelles aucun redressement durable n’est possible. En affirmant que les travailleurs sont au cœur de l’effort national et de la construction d’une Guinée qui avance, Bah Oury replace le citoyen laborieux au centre du projet national. Une manière de valoriser ces contributions souvent invisibles, mais décisives.
S’exprimant également au nom du président de la Transition, Mamadi Doumbouya, il a adressé un message de gratitude à l’ensemble des forces vives du pays. Là encore, le symbole compte : gouverner, c’est aussi savoir remercier.
Mais au-delà de l’hommage, ce message contient un appel clair. « Ensemble, redoublons d’efforts pour faire briller la Guinée. » Derrière cette phrase se lit une conviction : le destin national ne dépend pas seulement des dirigeants, mais de la capacité collective à produire, innover, servir et bâtir.
En ce 1er mai, le véritable enjeu n’était donc pas la célébration. Il était le rappel d’une vérité simple : aucune nation ne progresse sans respect pour ses travailleurs, ni sans exigence partagée face à l’avenir.
Sibé Fofana



































