CONAKRY – Le débat sur la gouvernance de l’e-sport en Guinée se poursuit. Lors d’une conférence de presse tenue ce samedi 25 juillet 2026 à Conakry, Moussa Camara, se présentant comme président de la Fédération guinéenne de l’e-sport (FEG Esport), a défendu la légitimité de son organisation, présenté son bilan et plaidé pour un dialogue entre les différents acteurs afin de favoriser le développement de cette discipline.
Face aux médias, Moussa Camara a précisé que cette rencontre visait avant tout à éclairer l’opinion publique sur la situation de la fédération qu’il dirige, tout en évitant toute polémique.
« Nous ne sommes pas ici pour créer la polémique ni pour alimenter la confusion. Nous sommes ici pour dire les choses avec clarté, dignité et responsabilité », a-t-il déclaré.
Selon lui, la FEG Esport a vu le jour bien avant la reconnaissance officielle de l’e-sport en Guinée. Il affirme que les premières initiatives de structuration de cette discipline remontent à 2009, période durant laquelle les promoteurs évoluaient avec peu de moyens mais une forte détermination.
« Nous avons commencé avec peu de moyens, mais avec une grande idée. Nous avons commencé avec des obstacles, mais aussi avec de la détermination », a rappelé Moussa Camara, estimant que plus de quinze années d’efforts ont permis de poser les bases d’un véritable écosystème du sport électronique.
Au-delà de son aspect compétitif, le responsable de la FEG Esport a insisté sur les retombées économiques du secteur. Selon lui, l’e-sport constitue une véritable industrie génératrice d’emplois dans des domaines variés tels que l’arbitrage, le coaching, l’analyse de performance, le développement informatique, la création de contenus, la communication ou encore la cybersécurité.
« L’e-sport n’est pas seulement un jeu, c’est une industrie », a-t-il soutenu, appelant les autorités à intégrer cette discipline dans les politiques publiques relatives à la jeunesse, à l’emploi, à l’éducation, au numérique et à l’innovation.
Moussa Camara souhaite également renforcer les liens entre les établissements de formation, les entreprises technologiques et les acteurs du numérique afin de permettre aux jeunes Guinéens de transformer leur passion en opportunités professionnelles.
« Nous voulons que les jeunes ne soient pas seulement des consommateurs du numérique, mais qu’ils en deviennent les créateurs », a-t-il expliqué.
Prenant la parole à son tour, le secrétaire général de la FEG Esport a présenté les principales réalisations de la fédération. Il a indiqué qu’en 2025, l’organisation avait tenu un tournoi national réunissant plus de 500 joueurs autour de plusieurs disciplines, notamment Mobile Legends: Bang Bang (MLBB), PUBG Mobile, eFootball, Tekken 8 et FC 25.
Il a également affirmé que dix compétitions nationales ont été organisées avec l’appui de partenaires institutionnels et techniques, contribuant à la détection de nouveaux talents, à l’encadrement des jeunes et à la promotion de l’e-sport en Guinée.
La fédération affirme par ailleurs disposer d’une organisation structurée comprenant une assemblée générale, un comité exécutif, un secrétariat général ainsi que des représentants des clubs et des athlètes, avec pour ambition de mettre en place un calendrier national régulier des compétitions.
Interrogé sur la reconnaissance officielle d’une autre fédération par les autorités sportives, Moussa Camara a préféré éviter les attaques personnelles. Il a présenté plusieurs documents qu’il considère comme des preuves de la légitimité de son organisation, notamment des autorisations administratives, des partenariats internationaux, des participations aux instances africaines et mondiales de l’e-sport ainsi que diverses reconnaissances obtenues au fil des années.
« Nous voulons nous focaliser sur les faits et présenter les preuves. Vous êtes des journalistes. À partir de ces éléments, vous tirerez vos conclusions », a-t-il déclaré.
Malgré les différends qui persistent autour de la gouvernance de l’e-sport en Guinée, Moussa Camara s’est dit favorable à une approche consensuelle.
« Aucune fédération ne peut réussir seule. Le développement de notre discipline exige du dialogue, de la confiance, de la coopération et du respect », a-t-il conclu, invitant l’ensemble des acteurs à privilégier l’intérêt supérieur de la jeunesse et le développement du sport électronique en Guinée.
Fatimatou Diallo






































