BAMAKO – Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye est attendu ce mardi 28 juillet 2026 à Bamako pour une visite de travail et de solidarité auprès de son homologue malien Assimi Goïta. Ce déplacement intervient dans un contexte régional marqué par la rupture entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Alliance des États du Sahel (AES).
Cette visite d’une journée revêt une dimension particulière pour Bassirou Diomaye Faye, qui effectue son premier déplacement dans un pays de l’AES depuis son accession à la présidence en exercice de la CEDEAO. Le chef de l’État sénégalais entend ainsi jouer un rôle de médiateur entre deux blocs ouest-africains désormais séparés.
Au cœur des discussions : l’avenir des relations entre la CEDEAO et l’AES, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Les trois pays sahéliens ont quitté l’organisation régionale en janvier 2025 et poursuivent depuis la construction de leur propre cadre d’intégration.
Selon plusieurs sources, les échanges entre Bassirou Diomaye Faye et Assimi Goïta devraient porter sur la reprise du dialogue politique, la coopération économique et les questions sécuritaires. L’objectif n’est pas forcément un retour immédiat du Mali au sein de la CEDEAO, mais plutôt de rétablir un climat de confiance et de définir de nouveaux mécanismes de collaboration.
Les enjeux économiques seront également au centre des discussions, notamment la préservation du corridor Dakar-Bamako, une voie commerciale stratégique pour le Mali. Une grande partie des marchandises destinées au marché malien transite par le port de Dakar, faisant de cette liaison un axe vital pour les deux pays.
Sur le plan sécuritaire, Dakar et Bamako partagent des préoccupations communes face à la progression des groupes armés dans la région. La coopération transfrontalière, le partage d’informations et la sécurisation des axes commerciaux pourraient constituer des points de convergence entre la CEDEAO et l’AES.
Il s’agit de la deuxième visite de Bassirou Diomaye Faye au Mali depuis son élection. En mai 2024, peu après son investiture, il avait déjà rencontré Assimi Goïta pour plaider en faveur d’un rapprochement entre Bamako et l’organisation régionale.
Cette nouvelle rencontre intervient toutefois dans un contexte plus complexe. Désormais président en exercice de la CEDEAO, Diomaye Faye devra trouver un équilibre entre son rôle de dirigeant régional et le respect des choix souverainistes défendus par les pays de l’AES.
Si aucun accord majeur n’est attendu immédiatement, cette visite pourrait néanmoins marquer une nouvelle étape dans la tentative de rapprochement entre deux espaces ouest-africains qui restent liés par l’histoire, les échanges économiques et les défis sécuritaires communs.
Avec Rfi




































