L’appât du gain rapide peut coûter très cher. En Guinée, de nombreux épargnants ont placé plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’euros sur des plateformes de cryptoactifs, séduits par des taux d’intérêt particulièrement attractifs et la promesse de profits rapides. Mais pour certains, le rêve s’est transformé en cauchemar : impossible désormais de récupérer leur argent.
Le phénomène, qui prend de l’ampleur depuis plusieurs mois, s’appuie notamment sur une intense promotion menée sur les réseaux sociaux. Face à la multiplication des alertes, la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) a décidé de tirer la sonnette d’alarme.
Le message de l’institution est sans ambiguïté : les monnaies virtuelles ne constituent pas des monnaies ayant cours légal en Guinée et ne bénéficient d’aucune garantie de la Banque centrale. Les citoyens sont donc invités à la plus grande prudence et à éviter de placer leurs économies sur des plateformes dont la fiabilité n’est pas établie.
Des promesses mirobolantes, un mécanisme bien rodé
Les premières alertes sont venues de citoyens eux-mêmes. Sur les réseaux sociaux, certains investisseurs ont dénoncé des plateformes promettant des rendements disproportionnés, parfois présentés comme quasiment garantis.
Pour la Banque centrale, le mécanisme ressemble à celui d’une pyramide de Ponzi. Les premiers participants sont rémunérés grâce aux fonds apportés par les nouveaux investisseurs. Tant que l’argent continue d’affluer, le système donne l’illusion de fonctionner. Mais dès que les nouveaux dépôts diminuent, la mécanique s’enraye et finit par s’effondrer.
À ce moment-là, les derniers investisseurs se retrouvent souvent dans l’impossibilité de récupérer leurs mises. Les bénéfices promis disparaissent et, avec eux, parfois toutes les économies investies.
L’affaire McGivern comme signal d’alarme
La fermeture, lundi 10 août, de la plateforme McGivern illustre les risques auxquels s’exposent les épargnants. Depuis cette fermeture, plusieurs utilisateurs affirment ne plus pouvoir accéder à leurs fonds, parfois évalués à plusieurs centaines ou milliers d’euros.
Face à cette situation, la Banque centrale a demandé aux systèmes numériques de paiement, notamment Orange Money, de bloquer et de signaler les comptes utilisés dans ces transactions suspectes.
La justice guinéenne a également été saisie afin d’identifier les responsables présumés et d’engager, le cas échéant, des poursuites. Elle devra aussi tenter de déterminer dans quelle mesure les victimes pourraient récupérer une partie des sommes perdues.
L’argent facile n’existe pas
Cette affaire doit surtout servir d’avertissement. Dans un contexte où les réseaux sociaux permettent de transformer rapidement une promesse financière en phénomène de masse, la vigilance reste la meilleure protection.
Lorsqu’une plateforme promet des rendements exceptionnellement élevés, rapides et sans risque, il ne s’agit plus d’une simple opportunité à saisir, mais d’un sérieux motif de méfiance.
En matière d’épargne, le rendement facile cache souvent un risque difficile à mesurer. Et lorsqu’un système s’effondre, ce sont généralement les derniers arrivés qui paient le prix fort.
Algassimou L Diallo






































