Réunis ce samedi 24 octobre 2026 au siège du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), les acteurs syndicaux de l’éducation ont placé la célébration de la Journée mondiale de l’enseignant sous le signe des revendications sociales. Le secrétaire général de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), Abdoulaye Camara, a appelé les autorités à améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants et à respecter les engagements pris dans le cadre des accords sociaux.
Au siège du SLECG, ce samedi 24 octobre, la célébration avait un goût particulier. Au-delà de la commémoration de la Journée mondiale de l’enseignant, les échanges ont surtout mis en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés ceux qui, au quotidien, assurent la formation des générations futures en Guinée.
Placée sous le thème « Aux côtés du personnel enseignant : 60 ans à protéger la profession, promouvoir la condition enseignante et façonner nos futurs », la rencontre a été marquée par un plaidoyer en faveur d’une meilleure reconnaissance du métier d’enseignant.
Prenant la parole devant les participants, le secrétaire général de l’USTG, Abdoulaye Camara, a rappelé que, même si la date officielle de cette journée est fixée au 5 octobre, sa célébration en différé conserve toute son importance. Pour lui, cette rencontre constitue une occasion de porter un regard lucide sur les réalités de l’école guinéenne et sur les conditions de ceux qui la font vivre.
« La portée de votre combat et la grandeur de votre mission dépassent largement le cadre d’une seule date. Célébrer cette journée en différé aujourd’hui n’enlève rien à la solennité de l’événement. Cela nous offre au contraire l’opportunité de poser un regard lucide sur la situation de l’école guinéenne », a-t-il déclaré.
Entre dévouement et précarité, le quotidien difficile des enseignants
Dans son intervention, le responsable syndical a rendu hommage à l’engagement des enseignants, qu’il considère comme des acteurs essentiels du développement national. Des salles de classe surchargées de Conakry aux établissements les plus éloignés, il a salué leur résilience et leur contribution à la formation des citoyens de demain.
Mais derrière cet hommage, Abdoulaye Camara a également dressé le tableau des difficultés qui fragilisent la profession. Précarité financière, retards dans la régularisation des situations administratives, insuffisance des équipements pédagogiques et préoccupations des enseignants contractuels : autant de problèmes qui, selon lui, nécessitent des réponses urgentes.
« La vocation ne saurait nourrir son homme et le dévouement ne remplace pas des conditions de vie dignes », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité de ne pas limiter la reconnaissance des enseignants aux discours officiels.
Pour le secrétaire général de l’USTG, les sacrifices consentis par le personnel enseignant doivent s’accompagner d’une amélioration réelle de ses conditions de vie et de travail.
L’USTG met la pression sur les autorités
Face à ces préoccupations, Abdoulaye Camara a réaffirmé le soutien de sa centrale syndicale aux organisations du secteur de l’éducation. Il a notamment plaidé pour la revalorisation des grilles indiciaires, l’amélioration des primes de technicité et d’éloignement, une meilleure couverture sanitaire, une protection sociale effective ainsi que le renforcement de la formation continue.
Le responsable syndical a également insisté sur le respect des engagements pris par les autorités dans le cadre des accords sociaux. Selon lui, leur application demeure essentielle pour prévenir les tensions et préserver un climat social apaisé.
Au terme de cette célébration au siège du SLECG, un message s’est imposé : la reconnaissance du rôle des enseignants ne peut se limiter à une journée commémorative. Elle doit se traduire par des décisions concrètes, des engagements respectés et des mesures durables en faveur de ceux qui portent, chaque jour, une part essentielle de l’avenir de la Guinée.
Pour les syndicats, l’enjeu dépasse ainsi les seules revendications professionnelles : il touche directement à la qualité de l’enseignement et à l’avenir du système éducatif guinéen.
Fatimatou Diallo





































