La deuxième édition du Forum international des secrétaires généraux de gouvernement a pris fin à Conakry sur une ambition commune : rendre les administrations publiques plus efficaces grâce à l’intelligence artificielle, sans perdre le contrôle des décisions ni des données de l’État. À la clôture, le ministre secrétaire général du gouvernement, Benoît Kamano, a rappelé que la technologie doit rester au service de l’action publique.
Comment améliorer le fonctionnement de l’État à l’heure de l’intelligence artificielle ? C’est autour de cette question que les secrétaires généraux de gouvernement réunis à Conakry ont poursuivi leurs réflexions, à l’occasion de la deuxième édition de leur forum international.
En clôturant les travaux, Benoît Kamano a rappelé le chemin parcouru depuis la première rencontre, organisée 18 mois plus tôt. À l’époque, les discussions portaient essentiellement sur la continuité de l’action de l’État. Cette fois-ci, les participants sont allés plus loin en s’interrogeant sur les moyens de rendre cette action plus efficace et sur la contribution que l’intelligence artificielle pourrait apporter aux administrations.
Pour le ministre guinéen, les secrétaires généraux occupent une place essentielle dans le fonctionnement des institutions. Préparation des conseils des ministres, vérification de la qualité des textes, conservation des décisions et suivi de leur application : leurs responsabilités se ressemblent, quels que soient les pays et les systèmes juridiques.
« Nous sommes donc chacun dans son pays les gardiens de la continuité de l’État », a-t-il déclaré, soulignant leur rôle dans la coordination et le suivi de l’action gouvernementale.
L’IA, oui, mais sous le contrôle des États
Au fil des échanges, l’intelligence artificielle s’est imposée comme l’un des principaux sujets de réflexion. Pour Benoît Kamano, elle peut aider les administrations à gagner du temps et à mieux travailler, notamment en facilitant la recherche dans les archives, en repérant les contradictions dans les projets de textes et en améliorant le suivi des décisions gouvernementales.
Mais cette modernisation ne doit pas conduire les États à perdre la maîtrise de leurs informations sensibles. Le ministre a ainsi insisté sur la nécessité de garder les décisions entre les mains des responsables humains et de protéger les données des administrations.
« La décision appartient à l’humain. La mémoire de nos États doit rester entre nos mains et les données de nos administrations sous notre contrôle », a-t-il rappelé.
Cette préoccupation se retrouve dans la Déclaration de Conakry 2 et la feuille de route 2027-2029, élaborées par les participants à l’issue de leurs travaux. Ces documents doivent servir de cadre à la promotion d’une intelligence artificielle responsable et éthique au sein des administrations publiques.
Des engagements à concrétiser
Au-delà des discussions techniques, cette rencontre a également été l’occasion de renforcer les liens entre les responsables administratifs de plusieurs pays. Benoît Kamano a remercié le président Mamadi Doumbouya pour son soutien à l’initiative, ainsi que le Premier ministre Bah Oury, dont il a salué le suivi des travaux.
Il a également adressé ses remerciements aux délégations participantes, en particulier celles du Tchad et du Maroc, qui assurent respectivement les première et deuxième vice-présidences du réseau. Il les a encouragées à se porter candidates pour accueillir la prochaine édition du forum.
Avant de mettre officiellement un terme aux travaux, le ministre a invité ses homologues à poursuivre les efforts engagés à Conakry une fois de retour dans leurs capitales.
Il leur a également adressé un message de bienvenue et de fraternité, affirmant que la Guinée les considérait désormais comme des membres de sa grande famille.
Derrière les engagements annoncés, le véritable défi commence maintenant : faire en sorte que les réflexions menées à Conakry se traduisent par des changements concrets dans le fonctionnement des administrations. L’objectif est de tirer parti des possibilités offertes par l’intelligence artificielle tout en préservant la responsabilité humaine, la confidentialité des données et la souveraineté des États.
Saliou Keita





































