Alors que Conakry continue de faire face à des difficultés d’approvisionnement en électricité, le député Ousmane Kaba s’interroge sur les revenus tirés des exportations du courant guinéen vers plusieurs pays voisins. Lors de la plénière du samedi 31 octobre consacrée à l’examen du projet de loi de finances rectificative, le président du PADES a demandé au gouvernement de faire la lumière sur la destination de ces recettes.
La question de la gestion des revenus issus des exportations d’électricité s’est invitée dans les débats parlementaires. À l’occasion de l’examen du projet de loi de finances rectificative, le député Ousmane Kaba a attiré l’attention du gouvernement sur les ventes d’électricité effectuées par la Guinée au Sénégal, en Gambie et en Guinée-Bissau.
Pour le leader du Parti des démocrates pour l’espoir (PADES), il est nécessaire de clarifier les retombées financières de ces exportations, alors même que les difficultés d’accès à l’électricité persistent dans la capitale guinéenne.
« Où sont les recettes d’exportation d’Électricité de Guinée (EDG) ? La Guinée n’exporte pas seulement de la bauxite. La Guinée est un grand pays exportateur d’électricité au Sénégal, en Gambie et en Guinée-Bissau », a-t-il lancé devant ses collègues députés.
Ousmane Kaba affirme avoir également abordé cette question avec le ministre de l’Énergie, en marge des travaux parlementaires. Selon son compte rendu, le ministre lui aurait expliqué que les exportations en cours reposent sur des accords conclus sous les précédentes autorités et dont la nouvelle République a hérité.
Une explication que le député dit ne pas trouver suffisante. Il estime que si certains engagements hérités du passé ont pu être remis en cause, les accords relatifs à la vente d’électricité pourraient également faire l’objet d’un réexamen.
« J’ai répondu : “C’est bien, mais il y a beaucoup d’accords dont on a pu casser. Pourquoi pas celui-là ?” », a-t-il rapporté.
Le parlementaire indique avoir aussi sollicité des éclaircissements auprès de la ministre des Finances sur les recettes générées par ces transactions. D’après lui, celle-ci n’aurait pas été en mesure de lui préciser la ligne budgétaire sur laquelle ces revenus sont enregistrés.
Cette situation nourrit ses interrogations sur la cohérence entre les exportations d’électricité et les difficultés d’approvisionnement auxquelles les populations guinéennes restent confrontées.
« Voilà un pays très paradoxal qui n’arrive même pas à électrifier correctement sa capitale, qui vend de l’électricité à trois autres pays. C’est un grand paradoxe », a-t-il martelé.
Au-delà de cette interpellation, Ousmane Kaba pose ainsi la question de la transparence dans la gestion des revenus énergétiques et de leur prise en compte dans les finances publiques. Une clarification du gouvernement est désormais attendue sur les volumes exportés, les recettes effectivement encaissées et leur affectation dans le budget de l’État.
Aziz Camara



































