La Haute Autorité de la Communication (HAC) durcit le ton face aux médias numériques opérant sans autorisation en Guinée. Dans une décision rendue publique ce lundi 21 septembre 2026, le régulateur a ordonné l’interdiction immédiate d’exploitation et de diffusion de dix Web TV et de deux sites d’information sur l’ensemble du territoire national et sur les plateformes numériques.
Sont concernées par cette mesure les structures suivantes :
- Yimbaya Médias TV, basée à Conakry ;
- Dabola TV, à Dabola ;
- Anelvision Web Media, à Siguiri ;
- Makono Médias, à Siguiri ;
- Mandeng Digital, à Siguiri ;
- Simandou TV, à Kérouané ;
- AK Médias, à Kankan ;
- Siguiri 24 Star TV, à Siguiri ;
- Coyah TV, à Coyah ;
- Kamanoyah TV, à Guéckédou.
À cette liste s’ajoutent deux plateformes d’information, dabolainfo.com et guinee24plus.com, auxquelles la HAC reproche d’avoir évolué vers des activités assimilables à celles d’une Web TV.
La HAC invoque l’absence d’autorisation
Pour motiver sa décision, l’organe de régulation affirme s’appuyer sur plusieurs rapports de monitoring réalisés par ses services compétents.
Selon la HAC, les structures visées se seraient livrées à des activités de production et de diffusion de contenus audiovisuels sur Internet sans disposer des agréments ou autorisations requis par la réglementation en vigueur.
Le régulateur estime également que ces pratiques portent préjudice aux médias régulièrement établis et en conformité avec les dispositions légales, notamment les radios, télévisions et plateformes d’information.
Des animateurs sans carte de presse également pointés du doigt
La HAC met par ailleurs en cause le statut professionnel de certains promoteurs, animateurs et collaborateurs des plateformes concernées.
L’institution estime que plusieurs d’entre eux ne rempliraient pas les conditions prévues par la législation pour exercer comme professionnels des médias et ne seraient pas détenteurs de la carte de presse officielle.
Après plusieurs avertissements, la HAC passe à l’interdiction
Dans sa décision, la HAC rappelle avoir adressé, au cours des dernières semaines, plusieurs avertissements, rappels à l’ordre et mises en garde aux promoteurs concernés.
Ces démarches visaient notamment à les inviter à régulariser leur situation administrative et à mettre fin aux activités de diffusion considérées comme irrégulières.
Face à ce que l’institution qualifie de « refus manifeste, délibéré et caractérisé » de se conformer aux exigences réglementaires, la HAC a finalement décidé de suspendre l’exploitation et la diffusion des médias concernés.
Des poursuites judiciaires en cas de non-respect
La décision va plus loin. Son article 3 interdit aux promoteurs, animateurs et collaborateurs des plateformes sanctionnées de poursuivre toute activité journalistique ou audiovisuelle au nom de ces structures.
La HAC prévient que tout contrevenant s’expose à des poursuites judiciaires pour exercice illégal de la profession.
Les autorités administratives et communales des localités concernées, ainsi que les points focaux et superviseurs de la HAC, ont été chargés de veiller à l’application immédiate de la mesure.
La décision prend effet dès sa signature et marque ainsi un nouveau durcissement du contrôle du paysage médiatique numérique en Guinée.
Aziz Camara





































