Retrouvés sans vie le lundi 12 octobre 2026 dans une Nissan Micra à Petit Simbaya, à Conakry, Mamadou Daye Diallo, mécanicien, et Kadiatou Keita seraient morts par asphyxie liée à une intoxication au monoxyde de carbone. C’est ce qu’a révélé le professeur Hassan Bah, médecin légiste, lors de la présentation des résultats de l’autopsie, ce mardi. Selon ses explications, une défaillance du système d’échappement du véhicule pourrait être à l’origine du drame.
L’image est saisissante : deux personnes retrouvées mortes à l’intérieur d’une voiture, sans blessures apparentes. Depuis la découverte des corps, les circonstances de ce double décès à Petit Simbaya suscitent des interrogations. Les premiers résultats de l’autopsie apportent désormais des éléments d’explication, même si certaines hypothèses restent à confirmer.
Face à la presse, ce mardi, le professeur Hassan Bah a expliqué que l’équipe de médecine légale s’était rendue sur les lieux après la découverte des deux corps, le lundi 12 octobre. Les premières constatations ont été effectuées directement dans le véhicule avant le transfert des dépouilles à la morgue pour un examen approfondi.
« Nous avons fait le premier constat sur les lieux. Les corps ont été transférés à la morgue pour autopsie », a expliqué le médecin légiste.
Les examens n’ont révélé aucune lésion sur les deux victimes. En revanche, les autopsies ont mis en évidence des signes d’asphyxie, indiquant que les deux occupants auraient manqué d’oxygène avant leur décès.
« Il n’y a pas de lésions sur les deux corps. À l’autopsie, nous avons trouvé que ces deux personnes avaient des signes de ce qu’on appelle asphyxie. C’est qu’à un moment donné, elles ont manqué d’oxygène », a précisé le professeur Hassan Bah.
Une possible fuite de gaz au cœur des investigations
Pour le spécialiste, une première hypothèse pourrait expliquer ce qui s’est passé dans cette Nissan Micra. Il évoque une éventuelle défectuosité du pot d’échappement, susceptible d’avoir favorisé une fuite de gaz et l’accumulation de monoxyde de carbone dans l’habitacle.
Ce gaz, incolore et inodore, est particulièrement dangereux. Lorsqu’il est inhalé, il empêche le sang de transporter correctement l’oxygène vers les organes vitaux. Une exposition importante peut entraîner une perte de connaissance, puis la mort.
Selon les explications du médecin légiste, le moteur du véhicule aurait tourné pendant toute la nuit. Si les gaz d’échappement ont pénétré dans l’habitacle, les deux occupants auraient pu être intoxiqués sans se rendre compte du danger.
« Elles sont mortes par asphyxie. Elles sont mortes pendant leur sommeil », a affirmé le professeur Hassan Bah, qui privilégie la piste d’une intoxication au monoxyde de carbone.
Le fait que les vitres du véhicule aient été fermées aurait également pu favoriser l’accumulation des gaz, selon son analyse.
Une boîte de bière retrouvée dans le véhicule
Un autre élément a été relevé lors des constatations : la présence d’une boîte de bière à l’intérieur de la voiture. Le médecin légiste estime que la consommation éventuelle de certaines substances aurait pu altérer l’état de conscience des deux occupants et aggraver les conséquences d’une exposition au monoxyde de carbone.
Il a toutefois précisé que la nature des produits éventuellement consommés n’était pas connue.
« La consommation de ces produits pourrait également provoquer une hypnose, c’est-à-dire entraîner un sommeil profond qui va altérer leur conscience. Cette altération de la conscience va être aggravée par le monoxyde de carbone et provoquer une asphyxie », a-t-il expliqué.
Cette seconde hypothèse reste donc liée aux circonstances exactes dans lesquelles les deux personnes se sont retrouvées dans le véhicule et à leur état avant le décès.
La piste d’une intervention extérieure écartée par le médecin légiste
Au terme de ses explications, le professeur Hassan Bah a indiqué qu’aucun élément relevé lors des examens ne permettait, selon lui, d’établir l’intervention d’une tierce personne. Il privilégie plutôt un décès accidentel lié à une possible intoxication au gaz d’échappement.
« Ce ne sont pas des personnes qui ont été tuées. Elles sont mortes dans le véhicule en plein sommeil », a-t-il déclaré, en évoquant une possible défaillance du pot d’échappement et les vitres fermées.
Le médecin légiste a néanmoins rappelé que, si des éléments constitutifs d’une infraction étaient établis, il appartiendrait au procureur de communiquer sur les suites judiciaires.
La mort de Mamadou Daye Diallo et de Kadiatou Keita soulève ainsi une question essentielle : une défaillance mécanique a-t-elle transformé cette voiture en piège mortel pendant la nuit ? Les résultats présentés par le médecin légiste orientent les regards vers une possible intoxication au monoxyde de carbone. La confirmation définitive des circonstances du drame relève toutefois des investigations compétentes.
Saliou Keita






































