Dans toute réforme sérieuse de l’État, il existe une condition incontournable : la maîtrise des finances publiques. Sans budget crédible, sans procédures transparentes et sans coordination efficace entre les administrations, les ambitions les plus nobles restent de simples déclarations d’intention. C’est précisément ce défi que semble avoir compris la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla.
La session de travail de 48 heures qui vient de réunir les cadres de son département et ceux des ministères sectoriels n’était pas une simple rencontre technique. Elle révèle une méthode, une vision et une volonté de bâtir une administration financière plus performante, plus rigoureuse et davantage tournée vers les résultats.
Sous la présidence du Premier ministre Bah Oury, ces échanges ont permis de revenir sur les mécanismes de préparation et d’exécution du budget national. Mais au-delà des aspects procéduraux, l’initiative a surtout mis en lumière un style de gouvernance fondé sur l’écoute, la concertation et la recherche permanente de solutions.
Depuis son arrivée à la tête du département, Mariama Ciré Sylla s’est imposée comme l’une des figures montantes de la gouvernance économique guinéenne. Son approche tranche avec certaines pratiques administratives héritées du passé. Plutôt que d’imposer des décisions descendantes, elle privilégie le dialogue avec les acteurs concernés, convaincue que la qualité de la gestion publique dépend avant tout de la qualité des échanges entre les institutions.
Les travaux ont ainsi permis d’identifier les blocages qui ralentissent la chaîne budgétaire, de recueillir les préoccupations des ministères sectoriels et de réfléchir collectivement aux améliorations nécessaires. Une démarche qui témoigne d’une volonté réelle de moderniser l’action publique en s’attaquant aux problèmes à la source plutôt qu’à leurs conséquences.
Cette capacité à favoriser la concertation constitue aujourd’hui l’une des principales forces de la ministre. En ouvrant les portes du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget aux retours d’expérience des autres départements, elle contribue à instaurer une culture administrative fondée sur la responsabilité partagée et l’amélioration continue.
Plus encore, Mariama Ciré Sylla prépare déjà l’avenir. La mise en œuvre progressive du budget-programme, réforme majeure des finances publiques, marque une rupture avec les anciennes méthodes centrées uniquement sur les dépenses. Désormais, l’objectif est de mesurer les résultats, d’évaluer les performances et de s’assurer que chaque franc mobilisé produit un impact concret pour les citoyens.
Cette orientation est loin d’être anodine. Elle traduit une ambition de faire entrer la Guinée dans une nouvelle ère de gestion publique, où l’efficacité et la redevabilité deviennent les maîtres-mots de l’action gouvernementale.
À travers cette initiative, la ministre envoie également un message fort : les finances publiques ne doivent plus être perçues comme un domaine réservé aux techniciens, mais comme un levier stratégique au service du développement national. Pour cela, le dialogue doit être permanent, les procédures mieux comprises et les responsabilités clairement partagées.
En affirmant que ce processus est un « travail d’amélioration continue », Mariama Ciré Sylla démontre une lucidité rare. La modernisation de l’État ne se décrète pas ; elle se construit patiemment, étape après étape, réforme après réforme.
Dans une Guinée engagée dans un vaste chantier de transformation institutionnelle et économique, cette méthode pourrait bien constituer l’un des atouts majeurs de la réussite gouvernementale. Car derrière les chiffres, les tableaux budgétaires et les procédures administratives, c’est en réalité la qualité du service rendu aux citoyens qui est en jeu.
Et sur ce terrain, Mariama Ciré Sylla apparaît aujourd’hui comme l’une des artisanes les plus déterminées de la modernisation financière de l’État guinéen.
A Amadou Diallo






































