La contestation du double scrutin du 31 mai continue de faire des vagues sur la scène politique guinéenne. Ce mercredi 17 juin, à la Maison de la Presse de la Minière, le Bloc Libéral est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme de graves entorses à la transparence électorale. Au-delà de la simple critique des résultats, le parti de Dr Faya Lansana Millimouno remet en cause l’intégrité même du processus ayant conduit aux chiffres proclamés.
Face aux journalistes, le président du Bloc Libéral a dressé un réquisitoire sévère contre l’organisation des élections couplées. Pour lui, les irrégularités observées ne relèvent pas d’incidents isolés mais d’un système qui fragilise la crédibilité du scrutin.
« La manipulation électorale ne commence pas au moment de la centralisation des résultats. Elle débute dans les bureaux de vote eux-mêmes », a-t-il affirmé, donnant ainsi le ton d’une intervention marquée par la défiance.
Cette déclaration soulève une question essentielle : celle de la chaîne de confiance électorale. Car si les soupçons portent sur les opérations effectuées dès les bureaux de vote, c’est toute la mécanique de validation des suffrages qui se retrouve remise en cause.
Le leader politique a notamment pointé du doigt les conditions de transmission des procès-verbaux dans certaines régions de l’intérieur du pays. Selon lui, les retards constatés et les modalités de transport de certains documents électoraux nourrissent de sérieuses interrogations.
« Dans certaines localités, les procès-verbaux ont été acheminés par hélicoptère à 2 heures du matin le lundi 1er juin, avant d’être transférés vers d’autres centres. À ce niveau, il y a eu un manque de transparence », a-t-il soutenu.
Pour le Bloc Libéral, ces dysfonctionnements s’ajoutent aux obstacles rencontrés par plusieurs de ses représentants, empêchés, selon le parti, d’accéder à certains bureaux de vote et centres de centralisation. Malgré ces difficultés, la formation politique affirme avoir réussi à collecter 202 procès-verbaux de centralisation sur les 495 recensés à travers le pays.
Au-delà de la dénonciation, le parti lance désormais un appel à la Cour suprême. Il l’invite à procéder à une confrontation exhaustive des procès-verbaux disponibles afin de vérifier la concordance entre les résultats issus des bureaux de vote et ceux officiellement proclamés.
Dans un contexte où la confiance demeure la pierre angulaire de tout processus démocratique, les interrogations soulevées par le Bloc Libéral rappellent qu’une élection ne se juge pas seulement à l’aune de ses résultats, mais aussi à travers la transparence de chaque étape qui conduit à leur proclamation. Car lorsque le doute s’installe dans les urnes, c’est la légitimité des institutions qui se retrouve inévitablement mise à l’épreuve.
Amadou Diallo




































