À quelques jours de la rentrée scolaire prévue le 5 octobre, le devenir des enseignants contractuels reste au centre des discussions entre le gouvernement et les organisations syndicales. Alors qu’un nouveau concours d’accès à la Fonction publique vient d’être annoncé, Diaka Sow, porte-parole des enseignants contractuels, estime que les 4 500 agents non retenus lors du précédent processus ne sont pas concernés par cette nouvelle opération. Il appelle au respect du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 et à l’accélération de leur intégration.
CONAKRY- La rentrée scolaire approche, mais l’incertitude demeure pour plusieurs milliers d’enseignants contractuels. Alors que le gouvernement a annoncé l’ouverture d’un nouveau concours de recrutement à la Fonction publique, une question revient avec insistance : quel sera le sort des 4 500 enseignants contractuels non retenus lors du processus de 2024 ?
Pour Diaka Sow, porte-parole des enseignants contractuels, leur situation est déjà encadrée par le protocole d’accord du 3 janvier 2026 conclu entre le gouvernement et l’intersyndicale, sous la médiation du Conseil national du dialogue social (CNDS).
Selon lui, les discussions engagées avec les autorités ont permis de clarifier la situation et de confirmer le principe de l’intégration des enseignants concernés.
« Nous avons déjà franchi toutes les étapes »
Pour le porte-parole des contractuels, il convient de distinguer les enseignants déjà engagés dans le processus d’intégration des autres candidats susceptibles de se présenter au nouveau concours.
« Il a plutôt apporté des précisions et des clarifications conformes au protocole d’accord du 3 janvier 2026 », explique Diaka Sow, faisant référence aux récentes déclarations du ministre de la Fonction publique.
Selon lui, les enseignants contractuels concernés ont déjà franchi plusieurs étapes : identification, enrôlement biométrique et évaluation de la pratique de classe.
Une commission mise en place par le gouvernement doit notamment permettre de consolider les résultats issus de ce processus.
« Nous avons déjà franchi toutes les étapes. Il y a eu l’identification, la biométrie et l’évaluation de la pratique de classe », insiste-t-il.
Diaka Sow rappelle ainsi que le protocole prévoit l’engagement des enseignants contractuels retenus à l’issue de l’évaluation de la pratique de classe réalisée en 2024.
Les 4 500 contractuels ne seraient pas concernés
La principale inquiétude porte désormais sur le nouveau concours annoncé par le gouvernement.
Pour Diaka Sow, les 4 500 enseignants contractuels non retenus lors du précédent processus ne doivent pas être confondus avec les autres catégories d’enseignants susceptibles de participer au concours.
« Pour l’instant, les 4 500 ne sont pas concernés. Mais nous ne voulons pas aller trop vite dans nos affirmations », nuance toutefois le porte-parole.
Il estime que le nouveau concours concerne notamment les personnes qui n’ont pas franchi les différentes étapes du processus précédent, depuis l’identification jusqu’à l’évaluation de la pratique de classe.
« Ceux qui sont déjà concernés par le processus d’intégration prévu, eux, ne sont pas dans la même situation », soutient-il.
Gouvernement et syndicats autour de la même table
Ces clarifications auraient été apportées lors d’une rencontre réunissant plusieurs représentants de l’État et des organisations syndicales.
Autour de la table figuraient notamment le président du Conseil national du dialogue social, des représentants de la Primature, du ministère de la Fonction publique, du ministère de l’Éducation ainsi que les organisations syndicales.
Pour Diaka Sow, cette rencontre a permis de préciser les contours du processus et de rassurer les représentants des enseignants contractuels.
Il estime que le ministre a également voulu expliquer à l’opinion publique la différence entre les différentes catégories d’enseignants appelés à intervenir dans le système éducatif.
Contractuels de 2024, communautaires et vacataires : des situations différentes
Autre point de confusion : la situation des enseignants communautaires.
Diaka Sow insiste sur le fait que ces derniers ne sont pas dans la même situation que les contractuels recrutés dans le cadre du processus de 2024.
« Eux, ils n’ont pas de contrat et n’ont pas été recrutés officiellement par l’État », explique-t-il.
Ces enseignants interviennent principalement pour répondre aux besoins des communautés et combler les déficits en personnel enseignant. Leur rémunération est assurée par les communautés villageoises au niveau des districts.
À côté d’eux figurent également des vacataires et des volontaires, qui pourraient, selon le porte-parole, être concernés par le nouveau concours, sous réserve de remplir les conditions et de fournir les documents exigés.
La pression monte avant le 5 octobre
À quelques jours de la reprise des cours, les enseignants contractuels veulent désormais voir le processus d’intégration accéléré.
Diaka Sow affirme que des contacts réguliers sont maintenus avec les autorités et que celles-ci donnent des assurances quant à une issue favorable.
« Nous souhaitons que le processus qui est enclenché soit accéléré avant l’ouverture » des classes, demande-t-il.
L’objectif affiché est que les enseignants concernés puissent retrouver leurs salles de classe dès le 5 octobre, dans des conditions qu’ils jugent plus dignes, avec l’espoir de percevoir rapidement leurs premiers salaires.
« Nous demandons simplement que les engagements soient respectés »
À l’endroit de ses collègues, le porte-parole se veut rassurant, tout en maintenant la pression sur le gouvernement.
« Nous demandons simplement que le processus qui a été enclenché soit accéléré et que les engagements pris soient respectés », affirme Diaka Sow.
Alors que la rentrée scolaire se profile, le dossier des enseignants contractuels reste donc suspendu à la concrétisation des engagements annoncés.
Pour les 4 500 agents concernés, l’enjeu est désormais de savoir quand interviendra leur intégration et dans quelles conditions ils pourront reprendre le chemin des classes.
Le compte à rebours est lancé : le 5 octobre approche, et avec lui l’attente de milliers d’enseignants qui espèrent enfin tourner la page de plusieurs mois d’incertitude.
Saliou Keita





































