L’école doit-elle être un sanctuaire de savoir ou un champ de tensions où enseignants et élèves s’affrontent ? La question revient avec insistance après les incidents survenus à l’école Hamas, qui ont mis en lumière les dérives de la violence en milieu scolaire. Face à l’émotion suscitée par cette affaire, le ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, Alpha Bacar Barry, a choisi de clarifier la position de son département : ni complaisance, ni exclusion systématique, mais des sanctions pour tous les responsables.
Invité de la RTG ce dimanche 14 juin 2026, le ministre est revenu sur cette affaire qui a enflammé les réseaux sociaux. Deux élèves sont accusées d’avoir agressé un enseignant. Très vite, des rumeurs de radiation ont circulé, alimentant les débats et les prises de position parfois excessives.
Mais le ministre a tenu à remettre les pendules à l’heure. Contrairement à ce qui a été avancé ici et là, aucune décision de radiation n’a été prise contre les deux apprenantes. Une précision qui n’est pas anodine. Elle rappelle que l’école reste avant tout un lieu d’éducation et de réinsertion, où la sanction doit corriger avant d’exclure.
« Notre ministère poursuit une politique d’éducation qui n’exclut personne », a-t-il rappelé. Une phrase qui résume à elle seule l’équilibre délicat que tente de maintenir l’administration scolaire : préserver le droit à l’éducation tout en faisant respecter l’autorité et les règles de vie commune.
Cependant, le message du ministre est loin d’être un signe de faiblesse. Au contraire. Alpha Bacar Barry a clairement affirmé son intolérance face à la violence, quelle qu’en soit l’origine. Dans cette affaire, les sanctions annoncées ne viseront pas uniquement les élèves impliquées. L’enseignant mis en cause devra également répondre de ses actes si les faits qui lui sont reprochés sont établis.
Cette approche rompt avec une vision parfois simpliste des conflits scolaires où l’une des parties est systématiquement présentée comme victime et l’autre comme coupable. Ici, le ministère semble vouloir rappeler un principe fondamental : l’autorité n’exonère pas de responsabilité et l’élève, même fautif, conserve ses droits.
Au-delà du cas de l’école Hamas, cette affaire met en évidence un phénomène plus profond. Les violences en milieu scolaire, qu’elles soient dirigées contre les enseignants ou contre les apprenants, deviennent un sujet de préoccupation croissante. Elles traduisent souvent des tensions sociales, familiales ou éducatives qui dépassent largement les murs de l’école.
C’est pourquoi le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer les actions de sensibilisation et d’accompagnement. Car la sanction, aussi nécessaire soit-elle, ne peut constituer l’unique réponse. Prévenir les conflits, restaurer le dialogue et protéger à la fois les élèves et les enseignants demeurent des défis majeurs pour le système éducatif guinéen.
L’affaire Hamas rappelle finalement une vérité essentielle : l’école ne peut remplir sa mission que dans un climat de respect mutuel. Lorsque la violence s’y invite, c’est toute la communauté éducative qui est interpellée. Et face à cette réalité, le ministère semble vouloir envoyer un signal clair : personne n’est au-dessus des règles, mais personne ne sera abandonné non plus.
Amadou Diallo





































