À quelques jours de la rentrée scolaire, le climat reste tendu entre les autorités guinéennes et les organisations syndicales de l’éducation. Le Secrétaire chargé des écoles privées au sein de l’intersyndicale a appelé le gouvernement à faire de l’éducation une véritable priorité nationale, tout en exigeant le respect des engagements déjà pris.
Pour le responsable syndical, le développement de la Guinée passe avant tout par l’investissement dans le système éducatif et la valorisation du métier d’enseignant. Il estime que les moyens de l’État doivent être davantage orientés vers l’éducation et la formation.
« Si nous voulons aller vers le développement, si nous voulons changer ce pays-là, il ne s’agit pas de donner des pick-ups à des sous-préfets, donner des 4×4 à des députés ou des ministres, et abandonner l’enseignement », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’amélioration des conditions de travail des enseignants constitue un préalable indispensable à toute réforme durable du système éducatif.
« Si nous voulons que ce pays bouge, il faut valoriser l’éducation. Et valoriser l’éducation, c’est valoriser l’enseignant, le former et le mettre dans des conditions adéquates », a-t-il insisté.
Le protocole d’accord au cœur des revendications
L’intersyndicale dénonce également le retard dans l’application des engagements contenus dans le protocole d’accord signé avec le gouvernement. Pour les syndicats, il ne s’agit plus de négocier de nouveaux engagements, mais de mettre en œuvre ceux qui existent déjà.
« C’est le gouvernement qui a signé un protocole d’accord, donc c’est de respecter ce protocole. On ne peut pas continuer à tourner en rond. Il faut qu’on se respecte dans ce pays-là », a martelé le responsable syndical.
Il a également plaidé pour le recrutement des enseignants concernés, estimant que les élèves guinéens ne devraient pas être les premières victimes des blocages actuels.
« Ces enfants-là nous appartiennent tous, ce sont des Guinéens, ils méritent le recrutement et la pratique des classes », a-t-il souligné.
Le statut particulier des enseignants, une exigence non négociable
Parmi les principales revendications de l’intersyndicale figure l’adoption du statut particulier des enseignants. Sur ce point, le responsable syndical se montre catégorique : la signature du décret doit intervenir avant l’ouverture officielle des classes.
« Le plus important, le statut particulier des enseignants, il faut forcément que ce statut-là soit signé, le décret passe avant l’ouverture », a-t-il affirmé.
Pour l’intersyndicale, le statut particulier et le respect du protocole d’accord constituent désormais les deux principaux points de blocage.
« Les deux points, ce sont des points non négociables. Déjà c’est fini, il n’y a plus de négociations, la signature est là, c’est de la faire respecter », a-t-il conclu.
À l’approche de la rentrée scolaire, le bras de fer entre le gouvernement et les syndicats de l’éducation demeure donc entier. La mise en œuvre effective des accords conclus et l’adoption du statut particulier des enseignants pourraient être déterminantes pour préserver la reprise normale des cours sur l’ensemble du territoire national.
Saliou Keita






































