Le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, a présenté ce mardi 29 septembre les grandes lignes de la campagne de recrutement dans la fonction publique pour 2026 et 2027. Le dispositif repose sur quatre principes annoncés par le gouvernement : mérite, territorialisation, digitalisation et lutte contre la fraude.
La campagne de recrutement dans la fonction publique se précise. À l’occasion d’une présentation consacrée aux concours prévus pour les années 2026 et 2027, le ministre Faya François Bourouno a détaillé les modalités retenues pour cette nouvelle opération.
Cinq départements ministériels sont concernés par la campagne. Il s’agit des secteurs de la santé, de l’enseignement supérieur, de l’assainissement et de l’hydraulique, de la justice ainsi que de l’éducation et de la formation professionnelle.
Dans le secteur de la santé et de l’hygiène publique, le recrutement portera notamment sur des médecins spécialistes et d’autres agents de santé. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique recrutera, de son côté, des professeurs agrégés et des titulaires de PhD.
Le ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures procédera au recrutement d’agents contractuels, tandis que le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme ouvrira des concours pour les magistrats et les greffiers.
Le secteur de l’éducation nationale, de l’alphabétisation, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle est également concerné, avec le recrutement d’enseignants destinés notamment à l’enseignement élémentaire et secondaire.
Deux phases prévues en 2026 et 2027
Selon Faya François Bourouno, les opérations seront organisées en deux grandes phases.
Une première vague de recrutements doit intervenir avant la fin de l’année 2026, notamment dans l’enseignement supérieur, une partie du secteur de la santé et l’enseignement pré-universitaire. Les autres opérations se poursuivront en 2027.
Le gouvernement entend ainsi mettre en place un processus présenté comme davantage axé sur les compétences et l’égalité des chances.
Le mérite au cœur du recrutement
Le premier pilier annoncé concerne précisément l’égalité des chances, la transparence et le mérite.
Le ministre affirme que l’accès à la fonction publique doit désormais être fondé sur les compétences et les résultats des candidats, plutôt que sur les relations personnelles.
« Si hier, accéder à la fonction publique dépendait des relations que nous avons auprès peut-être des membres du gouvernement ou des hautes autorités de l’administration publique, aujourd’hui, c’est le mérite qui permet d’accéder à la fonction publique », a déclaré Faya François Bourouno.
Pour le ministre, ce principe doit permettre de renforcer la transparence et de garantir une égalité de traitement entre les candidats.
Des concours davantage décentralisés
La territorialisation constitue le deuxième axe de la réforme. Pour plusieurs catégories de candidats, les concours ne seront plus exclusivement organisés à Conakry. Les épreuves doivent également se tenir dans différentes régions du pays.
Dans l’éducation, le dispositif va plus loin : les candidats devront postuler directement pour un poste identifié dans un établissement scolaire. En cas d’admission, ils seront affectés à ce poste.
« Cette fois-ci, la candidature, c’est au poste, l’engagement se fera également au poste », a expliqué le ministre.
Selon lui, l’arrêté d’engagement et celui de titularisation serviront également d’actes d’affectation, avec pour objectif de renforcer la présence des agents publics à l’intérieur du pays.
Le numérique pour sécuriser le processus
Autre changement annoncé : la digitalisation du recrutement.
Les candidatures devront être soumises en ligne et certaines épreuves seront organisées à l’aide d’outils numériques. Le ministère estime que cette approche permettra notamment de sécuriser les différentes étapes du processus et d’accélérer la publication des résultats.
« Nous allons digitaliser tout le processus. Les soumissions se font en ligne, les épreuves seront aussi passées avec des outils digitaux et les résultats permettront donc d’avoir des résultats en temps réel », a indiqué Faya François Bourouno.
Le ministère envisage par ailleurs de travailler avec l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSI) afin de renforcer la sécurité technique de la plateforme et du processus.
Le gouvernement veut sévir contre les fraudeurs
Le quatrième pilier concerne la lutte contre la fraude et les escroqueries liées aux recrutements.
Le ministre met notamment en garde contre les personnes qui promettraient à des candidats une intégration à la fonction publique en échange d’argent ou grâce à leurs prétendues relations avec des responsables publics.
« Nous voulons bannir cela. Déjà, le processus ne le permettra pas, mais nous allons saisir les procureurs pour ouvrir effectivement des opérations permettant de traquer toute tentative de fraude », a averti le ministre.
Faya François Bourouno annonce ainsi une possible judiciarisation des actes de fraude et des tentatives d’escroquerie liées aux concours, avec des sanctions à la clé.
À travers cette nouvelle campagne, les autorités veulent ainsi réorganiser le recrutement dans la fonction publique autour de quatre axes : le mérite pour sélectionner les candidats, la territorialisation pour mieux répartir les agents, la digitalisation pour sécuriser les opérations et la lutte contre la fraude pour protéger l’intégrité du processus.
Saliou Keita






































