L’affaire des six élèves condamnés pour fraude au Baccalauréat unique 2026 continue de susciter une vive émotion à travers le pays. Le décès en détention de l’un des condamnés, Mamadou Djouma Bah, a profondément bouleversé l’opinion publique et ravivé les débats sur la réponse judiciaire apportée à cette affaire. Dans ce contexte particulièrement sensible, le Parquet général près la Cour d’appel de Conakry a décidé d’interjeter appel du jugement rendu par le Tribunal de première instance de Kindia, fixant l’examen du dossier au 27 juillet 2026.
Cette décision constitue un signal important. Elle rappelle que dans un État de droit, la justice ne se limite pas à un jugement de première instance. Elle dispose de mécanismes de contrôle, de réexamen et de recours permettant de garantir que chaque décision puisse être appréciée par une juridiction supérieure lorsque le ministère public ou les parties l’estiment nécessaire.
Le communiqué publié par le Parquet général revient sur les faits ayant conduit à la condamnation des six candidats, reconnus coupables de fraude aux examens conformément aux dispositions du Code pénal. Le Tribunal de première instance de Kindia les avait condamnés, le 7 juillet 2026, à un mois d’emprisonnement ferme, assorti d’un mandat de dépôt et des frais de justice.
Le document apporte également des précisions sur les circonstances du décès de Mamadou Djouma Bah. Selon le Parquet général, le jeune homme aurait présenté des complications de santé alors qu’il purgeait sa peine à la maison centrale de Kindia. Toujours selon le communiqué, le procureur de la République aurait immédiatement ordonné son évacuation vers le Centre hospitalier régional Alpha Oumar Diallo, où il est finalement décédé malgré les soins prodigués par le personnel médical.
Au-delà de ces précisions, c’est surtout la décision d’appel qui retient l’attention. En choisissant de saisir la Chambre des appels correctionnels de la Cour d’appel de Conakry, le ministère public affirme sa volonté de soumettre cette affaire à un nouvel examen judiciaire. Cette démarche, prévue par le Code de procédure pénale, traduit le fonctionnement normal des institutions judiciaires et rappelle que la recherche de la justice s’inscrit dans un processus où chaque étape est encadrée par la loi.
L’émotion provoquée par le décès du jeune candidat est légitime. Les manifestations organisées à Kindia et les nombreuses réactions enregistrées sur les réseaux sociaux témoignent de la sensibilité de cette affaire. Mais une justice sereine ne peut être rendue sous la seule pression de l’émotion. Elle doit s’appuyer sur les faits, les preuves et les garanties offertes par les procédures judiciaires.
L’audience du 27 juillet revêt donc une importance particulière. Elle offrira à la juridiction d’appel l’occasion d’examiner à nouveau les éléments du dossier, d’apprécier les arguments des différentes parties et de statuer en toute indépendance, conformément aux règles de droit.
Cette affaire dépasse désormais le seul cadre d’une fraude à un examen. Elle interroge le rapport entre la sanction, la responsabilité, la protection des droits des citoyens et le fonctionnement des institutions judiciaires. C’est précisément dans de telles circonstances que les principes de l’État de droit prennent tout leur sens.
Le rendez-vous judiciaire fixé au 27 juillet sera ainsi observé avec une attention particulière, tant par les familles concernées que par l’ensemble de l’opinion publique. Car au-delà du sort des personnes poursuivies, c’est aussi la capacité de la justice à répondre avec impartialité, transparence et responsabilité qui sera au cœur des attentes.
Abdoul Chaolis Diallo





































