Il était l’un des visages les plus prometteurs de la jeune génération politique guinéenne. Ce jeudi 7 août 2025, Mouctar Diallo a officiellement mis fin à un long silence pour tourner la page, définitivement. L’ancien ministre de la Jeunesse et président du parti Nouvelles Forces Démocratiques (NFD) quitte la scène politique, non pas dans le fracas d’une disgrâce ou d’un scandale, mais dans la dignité silencieuse d’un homme qui, dit-il, a « servi avec passion » et choisit désormais de « s’engager autrement ».
Dans un pays où les départs politiques sont rarement volontaires ou assumés, le geste de Mouctar Diallo interpelle. Après plus de quatre années de retrait discret depuis sa sortie du gouvernement en janvier 2021, il choisit de rompre le silence, non pour revenir, mais pour clore. Une décision mûrie, sans doute douloureuse, mais profondément assumée : « Depuis ma démission du gouvernement, j’ai choisi de prendre du recul (…) Aujourd’hui, j’annonce ma démission de la présidence du parti NFD ainsi que mon retrait de la vie politique. »
Mais le discours ne sonne ni comme un abandon ni comme un renoncement. Mouctar Diallo ne quitte pas ses idéaux. Il s’en détache seulement du théâtre politicien pour, selon ses mots, « continuer à servir la Guinée et l’Afrique autrement« , convaincu que l’engagement n’est pas l’apanage d’un fauteuil ministériel ni d’un siège à l’Assemblée.
À travers sa déclaration, l’ancien leader des NFD livre aussi un testament politique. Un message lourd de sens sur la solitude du pouvoir, les sacrifices invisibles et la douleur de l’incompréhension. “ S’engager dans la vie publique, c’est accepter de se battre dans l’ombre, de souffrir en silence…” Des mots forts, presque amers, mais portés par une volonté intacte de servir autrement.
Dans une Guinée où la classe politique se renouvelle peu, où les mêmes visages s’accrochent souvent sans projet, la sortie digne de Mouctar Diallo mérite d’être saluée. Elle pose aussi une question plus large : à quoi sert l’engagement politique quand il devient une impasse personnelle ou un terrain d’ingratitude ?
Mouctar Diallo s’en va, mais il laisse un message : celui que l’action au service du pays ne s’arrête pas avec la fin d’un mandat, et que la noblesse d’un combat se mesure souvent à la manière dont on y met fin.
Alpha Amadou Diallo




































