À moins de deux mois du référendum constitutionnel prévu pour le 21 septembre, le Premier ministre guinéen Bah Oury a fait une déclaration lourde de sens sur les ondes de Radio France Internationale (RFI). Invité de l’émission « Appels sur l’actualité » animée par Christophe Boisbouvier, le chef du gouvernement de transition a affirmé qu’aucune disposition de la future Constitution n’empêcherait le général Mamadi Doumbouya de se présenter à l’élection présidentielle de 2025.
Les dispositions qui vont être proposées au peuple par référendum le 21 septembre n’interdisent pas sa candidature », a-t-il déclaré, confirmant indirectement que la voie reste libre pour une éventuelle candidature du président de la transition.
Une déclaration qui relance le débat
Cette sortie du Premier ministre met fin à des mois de spéculations sur l’avenir politique de Mamadi Doumbouya. À la tête du pays depuis le coup d’État du 5 septembre 2021 contre Alpha Condé, le général s’était alors engagé à conduire une transition « neutre » et « apolitique ». Mais depuis, le calendrier électoral n’a cessé d’être repoussé, et les signaux d’un maintien prolongé des militaires au pouvoir se sont multipliés.
Référendum en ligne de mire
Pour Bah Oury, le scrutin référendaire de septembre constitue une étape essentielle dans la mise en place d’un nouvel ordre institutionnel. Il assure par ailleurs que le gouvernement reste déterminé à organiser l’élection présidentielle d’ici fin 2025, malgré les défis logistiques, financiers et politiques qui persistent.
Des inquiétudes grandissantes
La déclaration du Premier ministre intervient dans un climat politique tendu. Plusieurs partis politiques et organisations de la société civile redoutent une manœuvre visant à prolonger indéfiniment la transition ou à légitimer une candidature du général Doumbouya. Certains y voient déjà les prémices d’une dérive autoritaire.
Alors que la transition semblait devoir s’achever sur une rupture nette avec les pratiques du passé, cette clarification de Bah Oury pourrait bien marquer un tournant décisif dans le processus politique guinéen. Le peuple tranchera dans les urnes le 21 septembre. Mais une autre question, plus brûlante encore, se pose désormais : Mamadi Doumbouya franchira-t-il le pas en 2025 ?
Algassimou L Diallo






































