Depuis Abidjan, où il vit son exil comme un long transit forcé, Cellou Dalein Diallo n’a pas mâché ses mots. Sur les ondes de RFI, l’opposant a rejeté d’un revers de main l’explication du Premier ministre Bah Oury sur son absence du fichier électoral. À ses yeux, ce n’est pas un simple « problème de résidence » comme le prétend le chef du gouvernement, mais bien une exclusion politique habillée de technicité administrative.
La scène se joue à distance, dans ce théâtre à deux voix que la Guinée connaît trop bien : d’un côté, le pouvoir, qui invoque des « critères de résidence » et l’absence de volonté d’écarter qui que ce soit ; de l’autre, l’opposition, qui dénonce la manœuvre et met à nu, pièces à l’appui, ce qu’elle considère comme une volonté claire de l’éliminer du jeu.
« J’avais tous les documents requis : extrait de naissance biométrique, carte d’identité, passeport ordinaire en cours, passeport diplomatique… Mais on n’a même pas voulu les regarder », martèle Cellou Dalein. L’image est forte : un candidat qui frappe à la porte du processus électoral, muni de tous les justificatifs, et à qui l’on répond qu’« il y a des instructions ».
Dans ce duel à distance, les mots deviennent des projectiles : « contre-vérité » pour l’un, « aucun désir d’exclure » pour l’autre. Mais au fond, le message qui transparaît est simple : en Guinée, l’exil ne se limite pas aux frontières physiques. Il peut aussi s’inviter dans les listes électorales.
Sibé Fofana




































