Marc Yombouno, ancien ministre du Commerce et figure du RPG arc-en-ciel, n’a pas mâché ses mots. Dans un entretien récent, il a livré une charge sévère contre ce qu’il considère comme une dérive inquiétante de la vie politique guinéenne.
« Le malheur de la Guinée, on a laissé la politique aux blogueurs », lance-t-il, visiblement préoccupé par la tournure prise par le débat public. Pour lui, la scène politique s’est transformée en un théâtre d’invectives où l’insulte et la propagande numérique ont remplacé l’expérience et la crédibilité.
Le constat est sans appel : les réseaux sociaux dictent désormais le rythme de la vie politique, reléguant les partis traditionnels et leurs cadres au second plan. « Aujourd’hui, on a transformé la politique guinéenne en blogueur et en insulteur », regrette Yombouno, rappelant que l’essence même de la politique devrait être la notoriété et la capacité à proposer des solutions concrètes aux maux du pays.
Au fond, son cri d’alarme révèle une fracture profonde : celle entre une politique institutionnelle, qui peine à se renouveler, et une politique numérique, bruyante mais influente. Et si les réseaux sociaux offrent un espace d’expression démocratique inédit, ils posent aussi une question cruciale : peut-on construire un avenir politique sur le vacarme des likes et des invectives ?
Marc Yombouno appelle à un retour à la responsabilité, à une politique de fond, loin des dérives des réseaux. Un message qui résonne comme un avertissement : à trop confondre influence et gouvernance, la Guinée risque de s’égarer dans un bruit sans lendemain.
Alpha Amadou Diallo




































