Il y a des voix qui, à chaque convulsion de la vie politique guinéenne, rappellent leur différence. Celle de Fodé Bangoura en fait partie. L’ancien ministre d’État du général Lansana Conté et président du Parti de l’unité et du progrès (PUP) a encore une fois campé sur sa ligne de conduite : pas de rue, pas de pierres, pas de violences.
Alors que les Forces vives appellent à manifester à partir du 5 septembre, le PUP, fidèle à sa tradition, se met en retrait. « Nous ne sommes pas membres de cette plateforme. Dans notre ADN, nous sommes contre les manifestations de rue », martèle Bangoura. Et l’homme de rappeler qu’hier comme aujourd’hui, le parti n’a jamais pris la rue comme moyen d’action.
Dans un paysage politique où la contestation se confond souvent avec les pavés lancés, le PUP se veut le parti de la paix, du dialogue et de la tolérance. « Nous ne sommes pas un parti de cailloux, ni de lapidation », insiste son président, comme pour prendre le contre-pied d’une culture de confrontation qui colle à la peau de la politique guinéenne.
Mais au-delà du rejet des manifestations, c’est une certaine vision de la politique que défend Fodé Bangoura : celle où la discussion prime sur la rue, celle où la parole prend le pas sur la casse. « Il faut que les Guinéens acceptent de se parler. C’est en se parlant qu’on se comprendra », répète-t-il, presque comme une profession de foi.
Dans ce climat tendu, le message sonne comme une mise en garde : on ne bâtit pas la Guinée dans les cris de la rue, mais dans la patience du dialogue. Le PUP reste ainsi fidèle à son héritage, quitte à passer pour un parti en retrait. Peut-être est-ce là, paradoxalement, sa manière de résister.
Algassimou L Diallo




































