Dans un climat politique marqué par la méfiance et la peur d’un nouveau cycle de manifestations, le Premier ministre a choisi un ton conciliateur en s’adressant à la jeunesse de l’Axe. Longtemps stigmatisée et meurtrie par des décennies de violences, cette frange de Conakry est invitée à rejeter l’instrumentalisation politique et à s’approprier le projet constitutionnel comme un pas vers la réconciliation nationale.
Alors que de nouvelles manifestations s’annoncent en septembre, le chef du gouvernement a lancé un appel à la responsabilité : ne plus se laisser manipuler, refuser d’être les instruments de stratégies politiques qui n’ont laissé derrière elles que blessures et divisions. C’est une invitation au recul, mais surtout une reconnaissance implicite des souffrances traversées par cette jeunesse qui a payé un lourd tribut aux crises.
Bah Oury inscrit son plaidoyer dans la perspective d’un nouveau départ. Pour lui, la future constitution doit incarner cette promesse de rupture et consacrer les droits fondamentaux de tous les Guinéens, sans distinction. Le message est clair : l’Axe, longtemps présenté comme un foyer de troubles, doit désormais être reconnu comme partie intégrante de la République, avec les mêmes garanties et la même dignité que partout ailleurs.
Sa mise en garde contre ceux qui rejettent d’emblée le projet constitutionnel s’accompagne d’un rappel symbolique : honorer la mémoire des martyrs de la démocratie, ce n’est pas perpétuer la spirale des affrontements, mais s’approprier les instruments d’un avenir apaisé.
Le ton, parfois ferme, traduit la gravité de l’enjeu. Mais derrière l’avertissement, il y a aussi une main tendue, un message de réconciliation. En invitant les jeunes de l’Axe à tourner la page de l’instrumentalisation et à s’inscrire dans une dynamique citoyenne, le Premier ministre cherche à ouvrir un chemin de confiance.
Reste à savoir si cet appel sera entendu, dans une Guinée où les plaies sont encore vives et la méfiance profonde. Mais pour une fois, le discours officiel s’éloigne du registre accusateur pour proposer une perspective : celle de transformer la mémoire des martyrs en socle d’un avenir commun.
Saliou Keita






































